Crise démocratique et défiance : quand l’État se coupe du citoyen

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Abstention massive. Colère fiscale. Méfiance généralisée envers les institutions. La crise démocratique française n’est plus conjoncturelle : elle est devenue structurelle. Et elle ne se résume pas à un simple rejet des élus ou à une fatigue électorale passagère. Dans Le grand-père et le président, Xavier Fontanet propose une lecture plus dérangeante que les diagnostics habituels. Pour lui, la fracture n’est pas seulement une crise de représentation, mais une crise de responsabilité.

Quand l’impôt devient illisible, quand la dépense publique échappe au contrôle du citoyen, quand une partie croissante de la population est à la fois financée par l’État mais déconnectée de son financement, le lien civique se fragilise. La citoyenneté cesse d’être un engagement partagé pour devenir une relation asymétrique entre un État-providence et des individus réduits au statut de bénéficiaires ou de contributeurs silencieux.

L’actualité récente des débats sur la fiscalité, les aides sociales, les « efforts à partager » donne un relief particulier à cette analyse. À force de promettre tout à tous, de compenser chaque difficulté, de repousser les arbitrages, l’État finit par ne plus être cru sur rien. La parole publique se dévalue, non par excès de rigueur, mais par inflation de promesses non tenues.

L’auteur rappelle alors une vérité presque devenue subversive : le contribuable est le premier financeur de la Nation, donc le premier créancier de l’État. À ce titre, il est en droit de comprendre, de contrôler et d’exiger des résultats.

Redonner de la transparence, de la lisibilité et de la responsabilité à l’action publique n’est pas un luxe technocratique réservé aux experts. C’est une condition de survie démocratique. Une démocratie ne tient pas durablement quand l’impôt est vécu comme une spoliation opaque et la dépense comme un trou sans fond.

À l’heure où la défiance est devenue la norme, Le grand-père et le président avance une proposition rare dans le débat public : une politique de la vérité. Sans mépris pour les citoyens. Sans démagogie fiscale. Sans illusion sur le coût réel des choix collectifs.

Une démarche exigeante, mais peut-être la seule capable de réparer le lien brisé entre l’État et ceux qui le financent.

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