Et si vos objectifs vous empêchaient de réussir ?

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Fixer des objectifs est devenu une norme dans le monde du travail. Pourtant, cette pratique, censée améliorer la performance, peut produire l’effet inverse. En rigidifiant l’action, elle empêche les organisations de s’adapter à un environnement incertain.

L’obsession du résultat

Dans les entreprises, tout est structuré autour des objectifs. Chiffre d’affaires, croissance, performance individuelle : ces indicateurs servent de boussole. Ils permettent de mesurer, d’évaluer, de comparer.
Mais cette logique repose sur une hypothèse implicite. Elle suppose que l’on peut définir à l’avance un résultat et organiser les actions pour l’atteindre.

Or, comme le rappelle Gérard Reyre dans L’art du déplacement, « le changement […] est subordonné à un point d’arrivée » . Cette focalisation sur l’objectif enferme l’action dans un cadre rigide. Elle réduit la capacité d’adaptation des individus et des organisations.

Quand l’objectif devient un piège

Le problème est amplifié par un biais bien connu. Plus on s’engage dans une trajectoire, plus il devient difficile d’en sortir. Ce phénomène est fréquent dans les entreprises. Un projet mal orienté continue d’être financé pour ne pas reconnaître un échec. Une stratégie inefficace est maintenue pour respecter les objectifs initiaux.

Par exemple, une entreprise qui investit dans un produit peu rentable peut persister pendant des années, simplement pour justifier les ressources déjà engagées. Cette logique conduit à des décisions irrationnelles, où l’on privilégie la cohérence avec le plan plutôt que l’adaptation au réel.

Une autre manière de réussir

Face à ces limites, Gérard Reyre propose de repenser la notion de finalité. Cela signifie que l’action doit rester ouverte. Plutôt que de viser un objectif figé, il s’agit d’avancer par ajustements successifs. Dans cette approche, le succès ne se mesure pas uniquement à l’atteinte d’un résultat, mais à la capacité à s’adapter. Une entreprise performante est une entreprise qui apprend, qui corrige ses erreurs, qui saisit les opportunités.

Certaines organisations adoptent déjà cette logique. Elles privilégient des cycles courts, des expérimentations rapides, des décisions évolutives. Dans un monde instable, cette flexibilité devient un avantage décisif.

Petit point sur le livre : le déplacement est ici conçu comme le chemin et la connaissance. Le chemin du faire devient donc la pratique d’une aventure concrète, exercice du courage d’être quelque part, ici ou là-bas, en action et à la rencontre du moment ultérieur. On trouvera dans l’art du déplacement, de l’inadvertance, de l’impromptu, de l’événement, de la surprise mais aussi de l’intention, de l’inachèvement, de l’infléchissement, du commun et même de l’effort.

De quoi s’équiper pour la marche à défaut de savoir, à tous les coups, ce qu’il en est de la meilleure façon de marcher. Cet ouvrage porte confirmation que le mouvement importe plus que la destination et que l’avenir est un espace de possibilités infinies. S’il faut alors mettre quelque chose à profit, ce seront sans aucun doute nos expériences qui nous poussent, de façon continue, à progresser et à nous bonifier.

Le parcours de ce livre permet donc de tirer quelques lignes de fuite pour qui s’interroge et s’évertue à trouver la place qui lui convient dans son environnement, privé ou professionnel. Il fait un sort à l’injonction de changement telle qu’elle s’est insidieusement répandue dans toutes les sphères de la vie sociale et e particulier dans les entreprises. En cela, il engage une épreuve de force contre les zélateurs de méthodes plus ou moins bien ficelées qui se targuent de savoir où on est censé arriver alors que l’on n’est pas encore parti.

Il a résolu de nous aider à trouver la place qui nous convient dans notre environnement, privé, professionnel ou social. L’Art du déplacement apporte ainsi une méthode éthique et appropriable par tous pour influer sur le monde et non le subir.

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