À chaque annonce de Trump sur l’Iran, Wall Street réagit. Coïncidence ?

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Depuis des mois, Donald Trump affirme qu’un accord avec l’Iran est sur le point d’être conclu. C’est arrivé 39 fois. Oui 39 fois. A chaque annonce les marchés réagissent, les investisseurs s’enthousiasment puis, souvent, les négociations s’enlisent et les cours corrigent. Répété à de très nombreuses reprises, ce phénomène soulève une question simple : s’agit-il d’un optimisme excessif, d’une stratégie de communication ou d’un mécanisme dont certains acteurs financiers auraient appris à tirer profit ?

Trente-neuf annonces pour un accord toujours attendu

Une fois peut relever de l’optimisme. Deux fois d’une erreur d’analyse. Trois fois d’un excès de confiance. Mais lorsque le président des États-Unis annonce à 39 reprises qu’un accord majeur avec l’Iran est sur le point d’être signé et que cet accord ne se matérialise jamais, c’est pour le moins étrange. Certes, POTUS (President of the United States) nous habitué à des fantaisies, des annonces erratiques. Mais dans cette guerre avec l’Iran chaque annonce optimiste fait réagir les marchés financiers positivement. Les investisseurs anticipent une détente géopolitique, une baisse des tensions au Moyen-Orient et une amélioration des perspectives économiques mondiales. Le marché prend souvent 1% dans la journée et le pétrole baisse. Puis les jours passent. Les iraniens démentent. L’accord annoncé n’arrive pas. Les marchés corrigent alors les cours de 1% et le pétrole monte. Selon plusieurs observateurs, ce scénario se serait reproduit près de quarante fois.

Trois explications possibles

La première hypothèse est celle de l’erreur d’appréciation. Donald Trump pourrait sincèrement croire à la conclusion imminente d’accords qui se révèlent finalement beaucoup plus complexes qu’il ne l’imagine. Les négociations internationales sont souvent imprévisibles et les déclarations politiques peuvent refléter davantage un souhait qu’une réalité. La deuxième hypothèse est celle d’une stratégie de communication. Dans cette logique, l’objectif serait moins d’informer que de maintenir un climat d’optimisme. Annoncer régulièrement une avancée permet de capter l’attention médiatique, de rassurer les investisseurs et de donner l’image d’une administration active et efficace. La troisième hypothèse est plus troublante. Elle consiste à s’interroger sur les conséquences financières de ces déclarations répétées. Lorsqu’un responsable politique sait qu’une simple phrase peut faire monter ou descendre les marchés, la question de l’utilisation de cette influence devient inévitable. Savoir avant tout le monde permet de gagner 2% coté marché action et aussi du coté pétrole. Il est possible selon cette hypothèse de gagner 39 fois de l’ordre de 2%. Avec des sommes conséquentes investies cela peut finir par représenter beaucoup d’argent. Des centaines de millions de dollars voire des milliards.

Aucune preuve publique ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’un tel mécanisme existe. Mais l’accumulation des coïncidences alimente naturellement les interrogations.

Des soupçons qui ne disparaissent pas

Ces interrogations sont d’autant plus fortes que plusieurs élus américains ont déjà demandé des investigations sur certaines opérations boursières intervenues avant des annonces importantes de l’administration Trump. À ce jour, aucune enquête n’a permis de démontrer l’existence d’un délit d’initié massif organisé autour de ces annonces. Il ne s’agit donc que de soupçons et de questions légitimes posées par des observateurs, des journalistes et certains responsables politiques. Mais lorsque les mêmes déclarations produisent les mêmes effets à répétition, il devient difficile d’ignorer complètement le phénomène. Et de nombreuses opérations précédentes mettent en lumière des faits qui semble particulièrement graves avec des délits d’initiés sur la parole présidentielle.

Des précédents qui rendent les interrogations plus crédibles

Si les annonces répétées de Donald Trump sur l’Iran suscitent aujourd’hui autant de questions, c’est aussi parce qu’elles ne surviennent dans un contexte de soupçons de multiples délits d’initiés En avril 2025, Donald Trump avait écrit sur Truth Social que c’était « un excellent moment pour acheter », quelques heures avant d’annoncer une pause de 90 jours sur une partie de ses droits de douane ; le S&P 500 avait alors bondi de 9,5 %, déclenchant des accusations de possible délit d’initié ou de manipulation de marché et des demandes d’enquête d’élus démocrates. Reuters a également relevé des volumes inhabituels sur certaines options avant cette annonce. D’autres polémiques ont entouré la politique tarifaire américaine, y compris les tensions avec l’Europe autour du Groenland, qui ont elles aussi fait bouger les marchés et alimenté l’idée d’une diplomatie devenue hautement spéculative. Enfin, le cas Pete Hegseth a renforcé ce climat de suspicion : selon le Financial Times, repris par Reuters, son courtier aurait cherché à investir plusieurs millions de dollars dans un fonds lié à l’industrie de défense avant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, ce que le Pentagone a catégoriquement démenti. Aucune de ces affaires n’a, à ce stade, établi l’existence d’un délit d’initié organisé. Mais leur accumulation installe un contexte dans lequel chaque déclaration présidentielle susceptible de faire gagner ou perdre des milliards aux marchés est désormais examinée comme un possible signal financier autant que politique.

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