L’ambassadeur américain David Perdue révèle que Trump a proposé à Xi Jinping d’acheter des armes américaines, malgré l’interdiction légale. Pendant ce temps, Taïwan attend toujours l’approbation d’un package d’armement de 14 milliards de dollars.
Alors que la Maison-Blanche nie toute intention de vendre des armes à la Chine, David Perdue révèle que Trump a effectivement suggéré à Xi Jinping un tel achat.
Trump en désaccord avec son administration
Le 28 septembre, sur Fox News Sunday, l’ambassadeur américain en Chine, David Perdue, a fait une déclaration choc. Interrogé sur la politique d’armement des États-Unis, il a révélé que Donald Trump avait demandé à Xi Jinping s’il souhaitait acheter des armes américaines. « Le président Trump continue de dire : ‘Nous vendons des armes à d’autres pays dans le monde.’ Il a effectivement demandé au président Xi s’il voulait en acheter, à un moment donné », a-t-il affirmé. Sans préciser la date de cette proposition ni la réaction de Xi, cette information a provoqué un malaise diplomatique immédiat.
Perdue a présenté cette approche comme une simple continuité de la politique commerciale américaine, ignorant la loi qui interdit depuis longtemps toute vente d’armes à la Chine. Il a défendu Trump en affirmant que ce dernier était « aussi fort sur Taïwan que je ne l’ai jamais vu ». Cette défense semble cependant peu convaincante.
La Maison-Blanche tente de maîtriser la situation
Peu après la diffusion de l’interview, le département d’État américain a publié un démenti ferme. « La loi américaine interdit les ventes d’armes à la Chine et il n’existe aucune offre ni aucun plan pour vendre des armes à la Chine », a déclaré un porte-parole. La Maison-Blanche a également réaffirmé son engagement envers la défense de Taïwan. Cette discordance entre les propos de Perdue et la réaction institutionnelle met en lumière l’incohérence fréquente de l’administration Trump entre les déclarations présidentielles et les actions de ses services.
Malgré les démentis, la réalité révélée par Perdue reste embarrassante. Sa déclaration indique que la proposition a bien eu lieu, qu’elle soit une provocation calculée, une tactique de négociation maladroite, ou une volonté d’élargir le marché de l’armement. Dans tous les cas, le message envoyé à Taipei et aux alliés régionaux est préoccupant.
Taïwan : un outil de négociation
La proposition révélée par Perdue s’inscrit dans une logique déjà visible en mai 2026, lors d’une rencontre entre Trump et Xi à Beijing. Trump avait alors qualifié un contrat d’armement de 14 milliards de dollars destiné à Taïwan de « très bon chip de négociation » avec la Chine. Depuis, ce contrat est en attente d’approbation. Pendant que Taipei patiente, Washington négocie des accords commerciaux avec Pékin, aboutissant à une réduction mutuelle des tarifs douaniers de 30 milliards de dollars lors de la visite de Xi à Washington en septembre 2026, sans mention de Taïwan.
Bien que Trump ait approuvé un package de 11 milliards de dollars pour Taïwan en décembre 2025, il a suspendu un contrat plus massif cinq mois plus tard pour séduire Xi. Cette séquence illustre une hiérarchie claire des priorités de Trump : d’abord les intérêts commerciaux américains, ensuite la défense des alliés. Perdue affirme que Trump a vendu plus d’armes à Taïwan que tout autre président depuis 1979, sans données vérifiables. Chaque vente devient un outil de négociation avec Pékin.
Perdue défend une politique flexible
L’ambassadeur tente de justifier l’injustifiable. Il vante la fermeté de Trump sur Taïwan tout en admettant que le président propose des armes à la Chine et utilise les contrats taïwanais comme monnaie d’échange. Perdue présente cela comme une simple négociation commerciale, mais l’armement n’est pas une marchandise ordinaire : chaque vente modifie les équilibres stratégiques régionaux. Proposer des armes à Pékin tout en retardant les livraisons à Taipei envoie un signal politique dévastateur : la sécurité des alliés américains est négociable.
Les perdants : Taïwan et ses alliés
Depuis mai 2026, Taïwan attend l’approbation d’un contrat d’armement de 14 milliards de dollars. Pendant ce temps, la Chine intensifie ses exercices militaires autour de l’île et sa pression diplomatique. Taipei a besoin de missiles anti-navires, de systèmes de défense aérienne et d’équipements de guerre électronique pour contrer une invasion. Washington, cependant, privilégie les accords tarifaires avec la Chine. La proposition de Trump à Xi, même sans suite, symbolise cette inversion des priorités.
Les médias d’État chinois rapportent que Xi a exhorté Trump à s’opposer à l’indépendance de Taïwan lors de leur rencontre à Washington. Trump n’aurait pas résisté à cette demande, cherchant plutôt à vendre des armes à celui qui menace l’île quotidiennement. Le message est clair : Taïwan pèse moins qu’un contrat commercial avec Pékin. Les alliés régionaux, Japon, Corée du Sud, Philippines, observent avec inquiétude. Si Washington lâche Taipei pour quelques milliards de réductions tarifaires, qui sera le prochain sacrifié ?
La contradiction entre les déclarations de Perdue et les démentis officiels érode la crédibilité américaine. Les alliés sont perdus face à ces voix discordantes : celle de l’ambassadeur révélant les intentions réelles de Trump ou celle des institutions cherchant à limiter les dégâts ? Trump gouverne par impulsion, négocie par provocation et communique par confusion. Une méthode qui peut réussir dans l’immobilier new-yorkais, mais qui détruit la confiance internationale.








