Énergie : l’Europe paie 113 milliards sans rien recevoir en plus

L’Union européenne a déboursé plus de 100 milliards d’euros supplémentaires pour son énergie depuis le début du conflit américano-iranien, sans recevoir un seul mètre cube de gaz ou de pétrole en plus.

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Énergie : les prix du gaz se stabilisent pour 2024
Énergie : l’Europe paie 113 milliards sans rien recevoir en plus © www.nlto.fr

L’Union européenne a dépensé 113 milliards d’euros supplémentaires depuis le début de l’année 2026 pour ses importations d’énergies fossiles, sans recevoir davantage de gaz ou de pétrole. Ce constat alarmant a été présenté par Dan Jorgensen, commissaire européen à l’Énergie, lors d’une réunion des ministres de l’énergie des Vingt-Sept à Dublin le 29 septembre. Cette hausse des coûts est alimentée par la flambée des cours mondiaux, elle-même aggravée par le conflit entre les États-Unis et l’Iran.

« Nous avons déboursé plus de 100 milliards d’euros cette année sans recevoir une molécule de plus », a déclaré Jorgensen. Ce chiffre met en lumière la vulnérabilité de l’Europe face aux bouleversements géopolitiques et à la volatilité des marchés.

L’hiver 2026-2027 s’annonce difficile, les prix du gaz ayant plus que doublé alors que les réserves doivent être reconstituées. Jorgensen a exprimé ses inquiétudes : « Cet hiver s’annonce si difficile que nous voulons éliminer toutes les incertitudes possibles. »

Des prix élevés malgré l’absence de pénurie

Dan Jorgensen a assuré qu’il n’y avait pas de risque immédiat de pénurie de gaz ou de pétrole, mais a prévenu que les prix resteraient « très élevés ». L’Europe disposera des quantités nécessaires, mais à un coût important pour les ménages et les entreprises. Le ministre irlandais de l’Énergie, Daragh O’Brien, a rappelé que l’Europe faisait face à « son deuxième choc pétrolier majeur en quatre ans ».

Les prix de l’électricité résidentielle dans l’UE étaient déjà 33 % plus élevés au premier semestre 2025 qu’avant la précédente crise énergétique. Cette année, les prix de gros ont continué à grimper. Le diesel a atteint des sommets dans toute l’Europe, avec des prix record à Chypre, où le litre de diesel a dépassé les 2 euros. Le ministre chypriote de l’Énergie, Michael Damianos, a demandé à Bruxelles un soutien accru face à l’impact de la crise énergétique.

La guerre au Moyen-Orient accentue la crise

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran est un facteur majeur d’instabilité, les tensions au détroit d’Ormuz maintenant les marchés sous pression. Jorgensen a souligné que malgré la persistance du conflit en Iran, la crise des prix de l’énergie en Europe perdurait, exacerbée par la situation mondiale volatile.

La prise de contrôle accrue des rebelles houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, complique encore la situation. Leur domination sur la côte occidentale du Yémen, y compris une partie du détroit de Bab el-Mandeb, un point de transit crucial, aggrave les tensions sur les approvisionnements pétroliers mondiaux.

Des règles climatiques reportées pour stabiliser les marchés

Confrontée à l’urgence, Bruxelles a opté pour le pragmatisme, en reportant d’un an l’application des règles européennes sur les émissions de méthane liées aux importations. Initialement prévues pour 2027, ces règles obligeraient les importateurs à surveiller et déclarer leurs émissions. Jorgensen a proposé ce report pour apaiser les marchés et offrir une marge de manœuvre aux États membres.

À Dublin, les discussions visaient à coordonner l’action des pays membres pour éviter une ruée désordonnée vers le remplissage des réserves, ce qui pourrait faire grimper les prix. Les niveaux de stockage varient, avec une moyenne de 70 % dans l’UE. La France est à 82 %, tandis que l’Allemagne affiche 57 %. La réglementation européenne impose désormais un objectif de stockage de 80 %. Jorgensen a insisté sur l’importance de respecter cet objectif pour éviter une situation difficile l’hiver prochain.

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