Le pétrole brut circule, mais les carburants raffinés manquent

Les données de JPMorgan indiquent que les exportations de brut ont rebondi, avec des tankers approvisionnant l’Asie, l’Europe et les États-Unis presque normalement.

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Le pétrole brut continue de circuler malgré la guerre en Iran, atteignant 98 % des niveaux d’exportation d’avant-conflit depuis le Golfe Persique. Pourtant, les prix des carburants s’envolent mondialement. La cause : un blocage presque total des exportations de carburants raffinés via le détroit d’Ormuz.

Les raffineries en difficulté malgré la circulation du brut

Les données de JPMorgan indiquent que les exportations de brut ont rebondi, avec des tankers approvisionnant l’Asie, l’Europe et les États-Unis presque normalement. Les infrastructures du Golfe tiennent, et les assureurs restent en activité. Cependant, les raffineries iraniennes sont à l’arrêt ou inaccessibles, et celles du Koweït et des Émirats Arabes Unis ont réduit leur production. Conséquence : le détroit ne voit presque plus sortir de diesel, d’essence ou de kérosène.

Bloomberg rapporte une baisse de 62 % des exportations de produits raffinés en trois semaines. Les marchés asiatiques se tournent vers Singapour, l’Inde ou la Corée du Sud, mais ces alternatives ne suffisent pas. Les capacités de raffinage mondiales, déjà sous pression depuis 2023, peinent à répondre à la demande accrue.

Des prix de carburant en hausse malgré le brut abondant

Le prix du Brent reste stable à environ 88 dollars le baril, mais le prix du diesel a augmenté de 18 % en Europe, 22 % en Asie du Sud-Est, et 14 % aux États-Unis depuis le début du conflit. Le kérosène suit cette tendance, impactant les prix des billets d’avion et ajoutant des surcharges pour les transporteurs routiers.

Un analyste de CNBC résume : « On a du pétrole, mais pas assez de capacité pour le transformer en carburant utilisable, ni les routes d’exportation pour le distribuer. » Les gouvernements européens appellent à la sobriété, envisagent des quotas, et en France, une partie des réserves stratégiques de diesel a été débloquée, bien que ces stocks soient limités.

L’Iran face à la perte d’un levier économique

Pour Téhéran, la situation est paradoxale. Le détroit d’Ormuz, autrefois brandi comme menace économique, reste ouvert au brut, mais l’Iran pâtit du blocage des produits raffinés. Ses revenus d’exportation de carburants s’effondrent, et ses partenaires habituels cherchent d’autres fournisseurs.

Al Jazeera note que l’Iran perd un levier stratégique. Les sanctions occidentales privent Téhéran de la capacité de reconstruire ses infrastructures de raffinage ou de sécuriser de nouvelles routes d’exportation. Pendant ce temps, les pays du Golfe voient une opportunité de renforcer leurs capacités de raffinage, bien que cela prenne des années.

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