NLTO
/ Magazine d'actualité politique, économique et internationale /




Abus sexuels dans l'Église : entre 216.000 et 330.000 victimes depuis les années 1950







5 Octobre 2021

Au bout de trois ans d’enquête, la commission Sauvé a rendu le 5 octobre un rapport très attendu sur les victimes d’abus sexuels dans l’Église. Environ 3.000 prêtres et religieux auraient commis ces actes de pédocriminalité.


Un nombre de victimes au-delà de toutes les estimations initiales

Abus sexuels dans l'Église : entre 216.000 et 330.000 victimes depuis les années 1950
Ce mardi 5 octobre a été présenté le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase). Il y aurait eu selon, ce rapport très attendu, entre 216.000 et 330.000 victimes depuis les années 1950. Le nombre de victimes de pédophilie au sein de l'Église catholique excède toutes les estimations formulées jusqu’à présent (comme le chiffre de 10.000 victimes évoqué en début d’année). C’est à l’issue de trois ans d’enquête que ce rapport a été publié, mobilisant 6.400 témoignages et une enquête de l'Inserm auprès de 30.000 personnes.
 

Jean-Marc Sauvé, ex-vice-président du Conseil d'État, qui a dirigé la Commission, estime que « longtemps, l'Église a été d'une indifférence totale à l'égard des victimes ». Le nombre d'abus se situe dans une fourchette de 165.000 à 270.000, selon la Commission Sauvé. Sur les 330.000 cas, les deux tiers ont été commis par des prêtres, des religieux et des religieuses - environ 3.000 abuseurs. Le tiers des abus restants a été commis par des laïcs, salariés ou bénévoles, présents dans les aumôneries, les établissements d'enseignement catholique, et les camps de vacances.  

 

Des chiffres d’abus sexuels en baisse

Dans le monde, les Églises de quelques États seulement ont déjà réalisé ce type d’enquêtes : les États-Unis, l'Irlande, l'Allemagne, l'Australie et les Pays-Bas sont concernés. La comparaison du nombre de prêtres ayant agressé sexuellement des mineurs avec des études similaires menées dans ces pays démontre que la France aurait le taux de prêtres abuseurs le moins important : entre 2,5% et 2,8% dans l'Hexagone alors qu'il est de 4,4% en Allemagne, 4,8% aux États-Unis, 7% en Australie, 7,5% en Irlande.

En chiffres absolus, l'Église se situe au-delà - dans un rapport qui va du double au triple - des autres institutions accueillant des enfants comme les écoles publiques, les clubs sportifs et les colonies de vacances. Les chiffres des abus sexuels sont en baisse depuis les années 1970. 56% des cas relevés ont eu lieu entre 1950 et 1970 ; 22% entre 1970 et 1990 ; et 22% entre 1990 et 2020. Les victimes attendent beaucoup du rapport Sauvé et de ses 45 préconisations face aux réticences de l'Église. La Ciase invite l’Église à mettre en place un système d'indemnisation individuelle proportionné au vécu de chacune des victimes.