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De nouvelles règles pour la concurrence en Europe ?




10 Décembre 2019

Lors d’une conférence à Bruxelles le 9 décembre 2019, la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, a présenté les grandes lignes du travail qui l’attend pour son nouveau mandat : une refonte des règles de la concurrence pour répondre aux problématiques du 21e siècle. L’économie numérique, dont elle hérite le portefeuille, est particulièrement dans son collimateur.


Des règles de concurrence aujourd’hui obsolètes

La commissaire à la Concurrence est devenue le fer de lance de l’Union européenne contre les géants de l’industrie numérique, GAFAM en tête. Elle leur a infligé plusieurs amendes, notamment pour des questions de monopole et d’optimisation fiscale. C’est sans aucun doute la raison qui a poussé Bruxelles à lui confier non seulement le poste de vice-présidente exécutive de la Commission européenne mais également le portefeuille du numérique.

Son objectif est désormais clair : réformer les règles de la concurrence en vigueur dans l’UE. Des règles obsolètes car elles datent, a-t-elle rappelé, de 1997, une époque où l’économie numérique n’était pas aussi puissante. Amazon venait d’être créé, Google et Facebook n’avaient pas encore vu le jour, et Microsoft et Apple ne vendaient que des ordinateurs.

Des marchés qui fonctionnent « différemment »

« Des changements tels que la mondialisation et la numérisation font que de nombreux marchés fonctionnent différemment de ce qu'ils étaient il y a 22 ans » a déclaré Margrethe Vestager lors de cette conférence. Ainsi, « les défis auxquels nous sommes confrontés au début de cette nouvelle décennie nous obligent à réexaminer les outils que nous utilisons pour faire respecter les règles de concurrence ».

La Dame de fer de l’Europe, désormais connue, si ce n’est crainte, pour son intransigeance, pourrait donc redéfinir le droit à la concurrence européen. Une question cruciale alors que les tensions entre les États-Unis et les pays européens sont au plus haut, ces derniers voulant taxer les géants de la high-tech et lutter contre l’optimisation fiscale qu’ils utilisent pour payer moins d’impôts.