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Le « bore-out », ou comment faire 35 heures en un mois…





Si on parle beaucoup du « burn-out », on discute moins du syndrome du « bore-out », soit l’ennui au travail, malgré tout très répandu et dévastateur.


Le « bore-out », ou comment faire 35 heures en un mois…
S’ennuyer à mourir, ou mourir d’ennui au bureau. C’est un peu l’idée du « bore-out », sorte de pathologie fréquente dans la population active. En gros, ne pas avoir grand chose à faire au bureau, et faire acte de présence. À long terme, cela peut se révéler pernicieux et extrêmement déprimant. Car être inoccupé au bureau peut entraîner un sentiment de honte d’une part, et provoquer une immense fatigue psychique d’autre part.
 
Pour la nouvelle ministre du Travail, Myriam El-Khomri, c’est un sujet de plus à traiter. Car le « bore-out », s’il est moins médiatique que son opposé le « burn-out », n’en est pas moins une calamité. Et comme le surmenage, même s’il représente son contraire, il peut induire des dépressions, un épuisement, « des souffrances psychologiques » ajoute le journaliste au Figaro, Quentin Périnel, qui passe à la loupe la vie au bureau dans sa chronique Open Space.
 
Dans la pratique, le salarié a moins de travail à faire, ce qui peut être dû à un simple hasard du calendrier, comme au mois d'août par exemple. Rien d’anormal. En revanche, les choses se compliquent quand on lui donne moins de travail de manière récurrente, voire plus de travail du tout. Pour la motivation et la confiance en soi, il n’y a rien de pire. De là à avoir « la sensation de ne servir à rien » écrit Quentin Périnel, il n’y a qu’un pas. Celui de la déprime est également vite franchi.

Pour certains malins, des parades existent. Comme trouver des occupations qui n’ont rien à voir avec le schmilblick, surfer sur Internet et sur les réseau sociaux, jouer au Tétris. Ou faire preuve d’une extrême lenteur pour être occupé par une tâche entière toute la journée… Pour autant, rien de réjouissant sur une période longue et le risque est toujours le même : la dépression.
 
Dans les faits, en Europe, aujourd'hui, un salarié sur trois n’aurait pas assez de travail pour être occupé toute la journée. La question reste tabou et dure à mettre sur le tapis. En effet, rappelle le journaliste du Figaro : « déjà, parce que dans un pays comme la France où le chômage est supérieur à 10%, il est difficile de faire la fine bouche et d'en parler librement. » Se plaindre d’être payé à ne rien faire en somme, est compliqué. D’autre part, être dépossédé de son travail est parfois le signe qu’on veut pousser le salarié vers la porte. Pour toutes ces raisons, cela s'avère donc ardu à évoquer.

Zoé Shepard a choisi la manière forte. Cette ancienne haute fonctionnaire territoriale a ainsi rédigé au bureau, son livre, Absolument dé-bor-dée, ou le paradoxe du fonctionnaire (Albin Michel), devenu un best seller. Dans cet ouvrage polémique écrit au bureau, elle explique comment « faire les 35 heures en un mois. » Depuis, elle a écrit, Ta carrière est fi-nie : l'art de ne rien faire au bureau. Tout un programme.