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Les médecins vent debout contre les prescriptions par les pharmaciens




26 Octobre 2018

Les députés ont émis l’idée par amendement d’autoriser les pharmaciens à prescrire certains médicaments sous ordonnance. Une proposition que les médecins dénoncent vivement comme une remise en question du rôle du médecin.


Creative Commons - Pixabay
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Si un médicament est accessible uniquement sous ordonnance, c’est que par principe le pharmacien ne peut pas prendre la décision. Il s’en remet à la décision du médecin et sans celle-ci il ne peut rien. Mais un amendement discuté à l’Assemblée nationale remet en question ce principe, et à ce titre déplait fortement aux médecins. Voté le 17 octobre, cet amendement permet aux pharmaciens de prescrire quelques médicaments sous ordonnance. « L’amendement en question prévoit de mettre ce dispositif en place dans deux régions pendant trois ans à partir de janvier 2019. Les traitements de la cystite, de la conjonctivite ou de l’eczéma, notamment, seraient possiblement concernés. Un arrêté ministériel viendrait fixer une liste définitive des pathologies dont il serait question, et les pharmaciens devraient avoir à leur disposition un "arbre décisionnel" pensé en amont par les médecins » précise France TV Info.
 
« Il s’agit là d’une remise en cause complète des contours de métier : cela revient à donner au pharmacien la responsabilité d’un diagnostic médical et d’une prescription de médicaments » dénonce le docteur Jean-Paul Ortiz, patron de la Confédération des syndicats médicaux français, cité par la chaine publique.
 
Alors que les députés estiment que cette autorisation a pour objectif de soulager les médecins généralistes tout en rendant des soins plus accessibles. Un argument qui ne convainc pas, d’autant que ce n’est pas en enlevant des prérogatives que l’on peut aider les médecins. « Pour regagner du temps médical, les médecins n’ont pas besoin que les pharmaciens viennent faire leur travail, ils ont besoin de secrétaires qui gèrent efficacement des tâches administratives toujours plus nombreuses » défend le président de la fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon. Sans surprise, les instances représentatives des pharmaciens saluent l’initiative qu’ils jugent adaptée aux demandes des patients et revalorisant pour les pharmaciens qui ne sont pas de simples boutiquiers.