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Libye : 45 miliciens kadhafistes condamnés à mort pour des actes de répressions





La cour criminelle de Tripoli vient d’annoncer que 45 détenus ont été condamnés à mort pour participation à la répression des manifestations durant la révolte de 2011. Une décision sévère peu révélatrice de la situation politique du pays.


Creative Commons - Pixabay
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Alors que l’Etat libyen peine à s’imposer sur son propre territoire, la décision du ministère de la justice surprend. Un communiqué de cette administration a annoncé mi-aout la condamnation à mort de 45 personnes et des peines de prison pour 54 autres. Des verdicts qui sont prononcés dans le très lourd dossier de la répression d’Abou Slim, un quartier de la capitale Tripoli.

« L’affaire remonte au 21 août 2011, date du début de la « libération » de Tripoli, six mois après le déclenchement de la révolte. Des miliciens pro-Kadhafi avaient alors ouvert le feu et tué des dizaines de manifestants près du quartier d’Abou Slim. Mouammar Kadhafi, qui a dirigé pendant des décennies la Libye d’une main de fer, a été capturé et tué par les rebelles en octobre 2011 près de sa ville natale de Syrte » contextualise Le Monde .

C’est la première décision de justice concernant cette période tumultueuse où les milices et forces armées favorables au Colonel Kadhafi ont affronté d’autres miliciens et des manifestants. Alors qu’elle donne l’impression à la lecture du communiqué du ministère qu’une nouvelle ère commence, la réalité est tout autre. Sept ans après la fin de la révolte et la mort de l’ancien autocrate, la situation reste chaotique. « Depuis, ce riche pays pétrolier est plongé dans l’instabilité, avec deux autorités politiques rivales, le gouvernement d’union nationale à Tripoli, reconnu par la communauté internationale, et un cabinet parallèle dans l’est du pays, soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar. En outre, faute d’un pouvoir central structuré, la Libye est devenue une plaque tournante du trafic de migrants vers l’Europe et un repaire pour les groupes djihadistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique dans le sud du pays » résume le quotidien français. En condamnant à mort 45 personnes, le pouvoir de Tripoli envoie un message complexe à la communauté internationale et rend encore plus compliqué de le soutenir.