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Non la guerre contre le Sida n’est pas gagnée




8 Avril 2019

Malgré de nettes victoires scientifiques ces dernières années, le sida reste un enjeu sanitaire mondial. Les récentes découvertes ne permettent pas encore de développer un vaccin.


Creative Commons - Pixabay
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Des batailles cruciales ont été gagnées mais pas encore la guerre. Dans une interview donnée à la radio Europe 1 , la présidente du Sidaction et prix Nobel de médecine 2008, Françoise Barré-Sinoussi, a dressé un bilan circonstancié. Elle a d’abord tenu à affirmer que la science n’était pas prête à proposer un vaccin contre cette maladie. « Cette virologue salue toutefois les progrès importants enregistrés par la recherche ces dernières années. Elle a notamment permis "l’identification d’anticorps extrêmement puissants qui permettent de bloquer le virus". "Ils commencent à être utilisés pour être évalués en thérapeutique", explique-t-elle. "Les chercheurs sont en train de voir s’ils peuvent trouver un vaccin qui peut induire ce type d’anticorps. Ça ne va pas se faire tout de suite, c’est très compliqué pour de multiples raisons." » compile le site d’Europe 1.

La scientifique rappelle également que malgré les traitements qui existent, leur prise pendant des années voire des décennies n’est pas anodine. « En parallèle de la recherche pour l’éradication du virus, les thérapies ont également enregistré de forts progrès par rapports aux premiers traitements médicamenteux, qui étaient particulièrement agressifs pour les malades et peu efficaces. "La qualité de vie des patients sous traitement, aujourd’hui, est bonne", se félicite Françoise Barré-Sinoussi. Avec une nuance toutefois : "Il faut bien souligner que ce sont des trithérapies à vie, qu’il y a parfois des effets secondaires et qu’il faut changer le traitement". La prise quotidienne de ces traitements sur plusieurs décennies peut en effet encore impacter la santé de certains malades, parfois gravement » lit-on plus loin.

Par ailleurs, alors que les traitements évoluent rapidement, le virus lui aussi semble s’adapter. « C’est une véritable inquiétude. En 5 ans, on a vu passer de 5 à 15% les formes résistantes au traitement, chez les personnes nouvellement infectées par le VIH (…) Ça veut dire que ces personnes ont elles-mêmes été contaminées par un virus résistant aux traitements de première génération, la première combinaison thérapeutique. Ça n’est pas résistant pour l’instant à la deuxième combinaison thérapeutique, mais c’est un processus qui est en cours. C’est inquiétant parce que l’on n’a pas non plus un panel si large que ça de médicaments » poursuit Françoise Barré-Sinoussi, toujours au micro d’Europe 1.