A69 : la justice remet de l’ordre, le chantier continuera

Après des mois de blocage, la justice a tranché. Le 30 décembre 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a autorisé la poursuite des travaux de l’autoroute A69, balayant une décision de première instance qui avait stoppé net un chantier pourtant avancé.

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Rarement une autoroute aura concentré autant de tensions. Depuis son lancement, l’A69 est devenue un symbole national, à la croisée de la justice administrative, de l’écologie militante et des choix politiques d’aménagement. Le 30 décembre 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a mis fin à cette séquence en rétablissant les autorisations environnementales du projet. Une décision qui relance le chantier, mais surtout un signal adressé à ceux qui, au nom de l’environnement, entendent désormais peser sur toute politique d’infrastructure.

A69 : comment la justice avait stoppé une autoroute déjà engagée

Pour comprendre la portée de la décision sur l’A69, il faut revenir sur l’épisode de février 2025. Le 27 février, le tribunal administratif de Toulouse annule les autorisations environnementales de l’autoroute, estimant que le projet ne répond pas à une « raison impérative d’intérêt public majeur ». La décision est brutale. Elle provoque l’arrêt immédiat des travaux de l’A69, alors même que le chantier a débuté en mars 2023 et mobilise déjà des centaines de salariés.

Cette décision judiciaire, saluée par les opposants, crée un précédent redouté par les élus locaux. Car derrière l’A69, ce sont toutes les politiques d’aménagement qui semblent fragilisées. Plusieurs responsables politiques dénoncent alors une forme de « gouvernement des juges », dans lequel des magistrats administratifs s’arrogent le pouvoir de bloquer des projets validés par l’État, les collectivités et après des années de procédures réglementaires.

Face à ce coup d’arrêt, l’État réagit rapidement. Il fait appel et obtient, le 28 mai 2025, un sursis à exécution. Les travaux de l’A69 reprennent partiellement à la mi-juin. Toutefois, l’incertitude demeure. Chaque pelleteuse travaille sous la menace d’une nouvelle suspension. Cette instabilité juridique nourrit un climat politique tendu, dans lequel l’autoroute devient un champ de bataille idéologique entre partisans de la transition écologique et défenseurs du désenclavement territorial.

A69 : la décision de justice qui réhabilite l’intérêt général

Le 30 décembre 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse met un terme à cette séquence. Elle annule les jugements de février et rétablit intégralement les autorisations environnementales de l’A69. Contrairement à la première instance, la cour reconnaît explicitement l’existence d’une raison impérative d’intérêt public majeur, selon le communiqué du ministère des Transports publié le 30 décembre 2025.

La motivation est lourde de sens politique. La juridiction considère que l’autoroute A69 répond à un besoin réel de désenclavement d’un bassin de population important, reliant Castres à Toulouse. Elle estime également qu’aucune alternative crédible ne permet d’atteindre les mêmes objectifs de sécurité, de fluidité et de développement économique.

Surtout, la cour valide les mesures de compensation environnementale prévues. Elle juge qu’elles permettent le maintien dans un état de conservation favorable des espèces protégées concernées. En clair, la justice ne nie pas l’impact environnemental de l’A69, mais elle affirme qu’il est encadré, compensé et juridiquement acceptable. Une approche pragmatique, loin des positions absolutistes défendues par certains collectifs militants. Cette lecture est immédiatement saluée par le gouvernement. « La cour administrative d’appel rétablit ainsi pleinement les autorisations environnementales du projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse », a déclaré Philippe Tabarot, ministre des Transports.

A69 : un chantier relancé, un message politique assumé

Concrètement, la décision permet au chantier de l’A69 de repartir sans entraves. Les entreprises peuvent désormais travailler sans la menace permanente d’un nouveau blocage judiciaire. Selon le ministère des Transports, cette décision rend possible « la livraison, très attendue par le territoire, de cette infrastructure structurante, à l’horizon d’octobre 2026 », selon le communiqué ministériel du 30 décembre 2025.

Le concessionnaire Atosca ne cache pas son soulagement. Selon des propos rapportés par TF1 Info le 30 décembre 2025, l’entreprise estime que l’arrêt valide l’autorisation environnementale « dans toutes ses composantes » et permet de poursuivre le chantier « sans ambiguïté ». Politiquement, l’arrêt envoie un message clair : l’environnement ne peut pas devenir un outil de paralysie systématique de l’action publique. Si les opposants conservent la possibilité de saisir le Conseil d’État, comme l’a rappelé TF1 Info, un tel recours n’aurait pas d’effet suspensif automatique. Les travaux de l’A69 peuvent donc se poursuivre, et avec eux une certaine conception de l’aménagement du territoire.

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