Le 18 février 2026, les résultats de l’enquête ENJEU-Mineurs menée par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ), confirment une tendance préoccupante : les adolescents jouent davantage à des jeux d’argent et de hasard. Selon cette étude conduite à la fin de l’été 2025 auprès de 5 000 jeunes âgés de 15 à 17 ans, la pratique progresse nettement, alors même que l’accès aux jeux d’argent est légalement interdit aux mineurs.
Adolescents et jeux d’argent : une progression nette des pratiques de hasard
D’abord, les chiffres témoignent d’un basculement significatif chez les adolescents. En effet, 42,6 % des 15-17 ans déclarent avoir joué à au moins un jeu d’argent ou de hasard au cours des douze derniers mois, selon les résultats rapportés par le Huffington Post. Or, en 2021, cette proportion s’élevait à 34,8 %, ce qui marque une hausse de près de huit points en quatre ans. Ainsi, la dynamique est claire : de plus en plus d’adolescents expérimentent ces jeux d’argent, malgré le cadre légal restrictif. Par ailleurs, cette évolution intervient dans un contexte où les pratiques numériques et les points de vente physiques coexistent, facilitant l’exposition précoce au hasard et à l’argent.
Ensuite, le détail des jeux pratiqués éclaire les habitudes de ces adolescents. Les jeux de grattage arrivent en tête, avec 34,3 % des jeunes joueurs concernés. De plus, 20 % des adolescents déclarent participer à des jeux de tirage. Toutefois, ce ne sont pas seulement les volumes qui progressent. La dépense médiane par participation est passée de 6 euros à 10 euros entre 2021 et 2025. Autrement dit, non seulement les adolescents jouent davantage à ces jeux d’argent et de hasard, mais ils y consacrent également plus d’argent qu’auparavant, ce qui renforce les inquiétudes économiques et sanitaires.
Adolescents face au hasard : des signaux d’alerte sur l’addiction et l’argent
Cependant, au-delà des taux de participation, l’étude de l’ANJ met en lumière des risques accrus pour les adolescents. Selon les résultats analysés à partir de l’indice canadien du jeu excessif, 5,1 % des jeunes interrogés sont considérés comme des joueurs à risque modéré, tandis que 5,4 % sont qualifiés de joueurs excessifs. Ainsi, près d’un adolescent sur dix présente un niveau de vulnérabilité préoccupant face aux jeux d’argent et de hasard. Dès lors, la question ne se limite plus à l’expérimentation ponctuelle : elle concerne l’installation de comportements problématiques liés à l’argent et au hasard.
Dans ce contexte, la présidente de l’Autorité nationale des jeux, Isabelle Falque-Pierrotin, a mis en garde contre la précocité de ces pratiques. « Plus le jeu d’argent est précoce, plus le risque d’addiction est grand », a-t-elle déclaré. En outre, l’Autorité nationale des jeux rappelle que la vente de jeux d’argent est strictement interdite aux mineurs en France. Néanmoins, les adolescents continuent d’y accéder, ce qui révèle un écart persistant entre la réglementation et la réalité des pratiques.
Adolescents et accès aux jeux d’argent : un contrôle encore insuffisant
Létude met en évidence des modalités d’accès qui interrogent. Selon les données rapportées par le Huffington Post, 65 % des jeunes joueurs indiquent avoir accédé aux jeux d’argent par l’intermédiaire de leurs parents en point de vente. Autrement dit, dans une majorité de cas, les adolescents ne contournent pas seuls la loi : ils bénéficient d’une forme de tolérance ou d’accompagnement familial. Par conséquent, la question de la responsabilité collective se pose avec acuité, car le contrôle de l’accès au hasard et à l’argent ne relève pas uniquement des opérateurs.
Par ailleurs, cette situation souligne les limites des dispositifs actuels de prévention. Certes, l’ANJ rappelle régulièrement l’interdiction faite aux mineurs. Toutefois, dans les faits, les adolescents continuent de fréquenter ces univers de jeux d’argent et de hasard, parfois dès le lycée. L’augmentation de la dépense médiane de 6 à 10 euros entre 2021 et 2025 illustre un engagement financier croissant, ce qui accentue les risques pour ces adolescents en construction. Dès lors, l’enjeu dépasse le simple respect de la loi : il concerne la protection durable des adolescents face à l’attrait du gain rapide et aux mécanismes psychologiques propres aux jeux de hasard.








