La filière aéronautique française ne redécolle pas : elle grimpe. Avec des carnets de commandes bien garnis, un chiffre d’affaires qui pulvérise les niveaux pré-Covid et des milliers d’emplois créés, les chiffres publiés, mercredi 7 mai 2025, par le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS) sont des plus encourageants. Mais l’organisation professionnelle alerte aussi sur les fragilités d’un modèle très exposé aux aléas géopolitiques et commerciaux.
Une croissance tirée par l’export, l’aviation civile en tête
En 2024, l’industrie aéronautique française a réalisé un chiffre d’affaires de 78,3 milliards d’euros, en hausse de 10,2 % par rapport à 2023, où il s’établissait à 71 milliards d’euros, selon les chiffres de GIFAS. Cette progression s’inscrit dans une dynamique internationale assumée : 82 % du chiffre d’affaires est issu de l’exportation. Le secteur civil reste la locomotive du marché, celui-ci représentant à lui seul 74 % des revenus globaux, soit près de 58 milliards d’euros.
Cette performance dépasse le niveau de 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire. Elle est notamment portée par la montée en cadence d’Airbus, dont le carnet de commandes a été renforcé par une demande internationale soutenue. Mais cette hyper-dépendance à l’international inquiète. Le GIFAS avertit : « cette orientation à l’international expose également l’industrie aux incertitudes géopolitiques et aux tensions commerciales : droits de douane, transfert de technologies » (Aeromorning).
Recrutements massifs, défense française en recul
L’année 2024 aura été marquée par une vague de recrutements inédite : 29 000 embauches nettes ont été enregistrées sur l’année, portant les effectifs directs du secteur à 222 000 salariés. Ce niveau n’avait plus été atteint depuis une décennie. Le retour à pleine capacité d’emplois illustre la solidité de la relance industrielle, mais aussi les besoins critiques en compétences techniques.
La défense affiche une croissance en trompe-l’œil. Si le chiffre d’affaires du secteur militaire progresse de 13 %, cette hausse est presque exclusivement liée à l’export, dont les commandes ont bondi de +77 %. À l’inverse, les commandes passées par le ministère des Armées à l’industrie ont reculé de 33 %, selon Guillaume Faury, président du GIFAS.








