Aide humanitaire : les États-Unis réduisent encore la dotation de l’ONU

La décision des États-Unis de réduire fortement leur contribution à l’Organisation des Nations unies ouvre une séquence politique lourde de conséquences.

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Annoncée le 29 décembre 2025, la baisse de la dotation américaine à l’ONU marque un tournant stratégique. Premier bailleur humanitaire depuis des décennies, les États-Unis actent un recul financier au moment précis où les besoins explosent. Derrière l’argument d’une réforme nécessaire de l’ONU, cette décision révèle un repositionnement politique assumé, dont les répercussions dépassent largement la seule question budgétaire.

ONU vs États-Unis : un choix politique assumé

Pour l’année 2026, Washington s’engage à verser 2 milliards de dollars à l’aide humanitaire transitant par l’ONU, soit environ 1,85 milliard d’euros. Le montant reste conséquent en valeur absolue. Cependant, il tranche radicalement avec les niveaux antérieurs. Selon les données relayées par Reuters, la contribution américaine atteignait encore jusqu’à 17 milliards de dollars au début des années 2020. La rupture est donc nette et volontaire.

L’administration américaine justifie ce recul par la nécessité de rééquilibrer l’effort entre les grandes puissances. Le message est clair : l’ONU ne peut plus, selon Washington, dépendre de manière disproportionnée des financements américains. Sous l’impulsion du président Donald Trump, cette ligne politique s’inscrit dans une vision plus large de remise en cause du multilatéralisme tel qu’il s’est structuré depuis la fin de la guerre froide.

Cette orientation s’accompagne d’une transformation des modalités de financement. Les fonds américains seront désormais centralisés via le Bureau de coordination des affaires humanitaires, au détriment des financements directs aux agences onusiennes. Officiellement, l’objectif est d’améliorer l’efficacité et la cohérence de l’aide. Officieusement, nombre d’acteurs y voient un levier de contrôle politique renforcé sur les priorités humanitaires de l’ONU.

L’ONU sous pression face à des besoins humanitaires en hausse

Ce repositionnement américain intervient dans un contexte international particulièrement dégradé. Pour 2026, l’ONU a lancé un appel humanitaire de 23 milliards de dollars, soit environ 21,3 milliards d’euros, afin de soutenir 87 millions de personnes en situation de vulnérabilité extrême. Ces chiffres, déjà inférieurs aux appels de l’année précédente faute de financements suffisants, illustrent l’ampleur des arbitrages imposés à l’organisation.

En 2025, les États-Unis représentaient encore 14,8 % du financement humanitaire mondial, avec 3,38 milliards de dollars versés à l’ONU. La nouvelle enveloppe annoncée ne permet ni de maintenir ce niveau ni de compenser la contraction globale des financements internationaux. Certaines crises majeures, comme l’Afghanistan ou le Yémen, ne figurent pas parmi les priorités initiales de l’allocation américaine, selon plusieurs sources concordantes.

Les responsables onusiens évoquent désormais des « choix difficiles ». Derrière cette formule diplomatique se cache une réalité politique sensible : l’ONU doit sélectionner les crises jugées les plus urgentes, au risque d’en reléguer d’autres dans l’angle mort de l’aide internationale.

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