Le 10 juin 2025, à l’approche du projet de loi de finances rectificative attendu à l’automne, les contours d’une réforme budgétaire portant sur les Aides personnelles au logement (APL) ont été précisés par plusieurs sources parlementaires et gouvernementales. Cette réforme s’inscrit dans le financement d’un plan d’élargissement des bourses étudiantes, avec un objectif estimé entre 600 et 700 millions d’euros.
APL : vers une réduction des aides pour certains ménages
L’une des principales mesures à l’étude consiste à restreindre l’attribution des APL aux seuls étudiants issus de foyers modestes ou de classe moyenne inférieure. Selon le rapport parlementaire cité par Les Echos et consulté par BFMTV, cette révision viserait à concentrer l’aide sur les bénéficiaires « à besoins avérés », dans une logique de meilleure allocation des ressources publiques.
Cette orientation est en ligne avec les constats formulés par la Cour des comptes dans son rapport public annuel publié le 19 mars 2025, qui indique que « l’efficacité redistributive des APL en direction des jeunes est largement perfectible ». L’institution souligne notamment que 42 % des jeunes bénéficiaires d’APL ne sont ni boursiers ni hébergés en logement social.
Par ailleurs, selon les estimations du rapport, 1,7 million de jeunes perçoivent aujourd’hui les APL, représentant un coût significatif pour les finances publiques. Le recentrage envisagé permettrait une économie budgétaire de plusieurs centaines de millions d’euros, à réallouer partiellement vers les bourses étudiantes.
La niche fiscale études supérieures également sur la sellette
En complément de la réforme des APL, l’exécutif prévoit également de supprimer la niche fiscale pour enfant étudiant rattaché au foyer fiscal, qui permet actuellement aux familles de bénéficier d’un abattement d’environ 3 000 euros par enfant dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Cette mesure, évoquée par Les Échos, pourrait générer un gain estimé à près de 1 milliard d’euros pour les finances publiques.
L’ensemble de ces économies permettrait de financer la réforme des bourses étudiantes, qui prévoit :
- La simplification des échelons actuels au profit d’un montant socle modulé selon les situations individuelles.
- Le versement de la bourse sur 12 mois au lieu de 10.
- Une éventuelle prime d’équipement pour les étudiants de certaines filières (santé, agriculture, etc.).
D’après l’annexe 35 du projet de loi de finances 2025 (Assemblée nationale), ces mesures sont prévues pour être intégrées dans une réforme budgétaire globale, avec une répartition plus fine des aides entre soutien direct (bourses) et soutien indirect (APL, dispositifs fiscaux).
UNE RÉORIENTATION CIBLÉE DANS UN CONTEXTE DE CONTRAINTE BUDGÉTAIRE
La logique budgétaire défendue par les autorités repose sur une double exigence :
- Mieux cibler les aides publiques, en fonction des revenus réels des étudiants et de leur foyer.
- Rationaliser les dépenses fiscales, considérées comme moins efficientes par la Cour des comptes dans sa grille d’évaluation annuelle.
L’objectif affiché reste de renforcer la portée sociale du système tout en maîtrisant l’équilibre budgétaire dans un contexte où les dépenses liées à la jeunesse et à l’enseignement supérieur ont augmenté de manière continue au cours des dix dernières années. Cces réformes pourraient être intégrées dans le projet de loi de finances rectificative prévu pour l’automne 2025, voire faire l’objet d’un texte spécifique avant la fin de l’année.








