Quatre ex-militaires portent plainte contre l’armée pour des traitements dégradants

Quatre ex-militaires portent plainte contre l’armée après avoir subi plusieurs traitements dégradants. Le ministère semble prendre l’affaire très au sérieux.

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L’armée française se retrouve au cœur d’une plainte déposée par quatre anciens militaires d’un régiment de Castres. Ces derniers accusent leurs supérieurs hiérarchiques de traitements dégradants. Une enquête interne vient d’être lancée.


Quatre anciens militaires portent plainte contre l’armée


L’image de l’armée française est écornée par une série de révélations. Quatre anciens militaires du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (8e RPIMa) de Castres viennent de saisir la justice pour harcèlement moral, violences volontaires et menaces, mettant en cause leurs anciens supérieurs ainsi que le ministère des Armées. Derrière ces plaintes, l’existence présumée d’un système de domination brutale et d’humiliations systématiques.


Les plaignants ne sont pas des dissidents enragés. Ce sont des soldats jeunes, formés, conditionnés. Et aujourd’hui brisés. L’un d’eux estime avoir été « traité de sous-merde à longueur de journée ». Dès son arrivée au 8e RPIMa en juillet 2021, les brimades commencent. Il dénonce un environnement toxique où les soi-disant « tests » de cohésion virent à la torture psychologique. La tradition du bizutage, érigée en rituel, frôle la barbarie : « Les cadres militaires prenaient un verre et ils mettaient plein de trucs là-dedans : de l’alcool, des poils de bite, du sperme. » Le refus ? Des représailles. Punition collective. Isolement. Menaces. L’armée, elle, parle de « faits graves ».


L’infernale mécanique du harcèlement moral


Le ministère des Armées a réagi. Ce dernier annonce l’ouverture d’une enquête de commandement. Dans son communiqué, il affirme que « les faits, tels que rapportés, se concentrent sur une section du 8e RPIMa sur la période 2021-2023 ». Le ton est martial : « Ils feront l’objet d’un traitement implacable. »
Les récits s’enchaînent et dévoilent un système structuré. Alexis Semedo, un autre plaignant, témoigne lui aussi. En mission en Roumanie, il aurait été assigné, avec d’autres, à un bar clandestin comme « larbins ». Là, des militaires doivent se mettre à genoux pour lécher le téton d’un adjudant ivre. Des scènes dignes d’un roman noir, validées par des officiers.


Pour Alexis, l’épreuve frôle le drame. Il ingère plusieurs plaquettes de médicaments avant d’être retrouvé dans une forêt. Sa tentative de suicide n’émeut personne. Il est alors giflé par un colosse de deux mètres. Résultat : lésion permanente au tympan. Le retour à Castres n’apporte aucun soulagement. Requalifié de « merde » et de « faible », il est finalement étiqueté comme déserteur.


Face à ce tumulte, la réaction du commandement semble calibrée, mais tardive. L’état-major rappelle son attachement à une « politique de tolérance zéro », par la voix du général Pierre Schill. L’enquête de commandement vise à établir les responsabilités.

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