Le PDG de LVMH s’est exprimé pendant près de deux heures devant la commission d’enquête du Sénat. Un exercice rare, durant lequel Bernard Arnault a défendu la stratégie de son groupe face aux critiques sur les aides publiques, la fiscalité et l’emploi. Retour sur les principaux points abordés.
LVMH au cœur de la commission d’enquête sur les aides aux entreprises
Le 21 mai 2025, Bernard Arnault s’est présenté devant la commission d’enquête sénatoriale chargée d’évaluer les aides publiques versées aux grandes structures françaises. Patron du plus grand groupe de luxe mondial, il était attendu au tournant. En préambule, il s’est dit « un peu choqué » par certaines accusations médiatiques, notamment une une de L’Humanité pointant le luxe comme responsable de suppressions de postes. Il a rapidement déplacé le débat sur les résultats concrets de LVMH.
Avec 40 000 collaborateurs en France, des investissements de 3,5 milliards d’euros en 2023 et 1,5 milliard déjà engagés pour 2024, Arnault défend une contribution économique majeure. Il assure : « LVMH est toujours en tête des entreprises qui recrutent. »
Interrogé sur la fiscalité de son groupe, le PDG de LVMH n’a pas éludé. « Nous sommes celui qui paye de loin le plus d’impôts en France », affirme-t-il. Cécile Cabanis, directrice financière adjointe, chiffre cette contribution à 4 milliards d’euros en 2023, dont 2,5 milliards d’impôt sur les sociétés.
Face à cela, les aides reçues s’élèvent à 275 millions d’euros, dont 64,5 millions de crédits d’impôt, principalement liés à la recherche et au mécénat. Le groupe insiste : l’écart entre ce qu’il verse et ce qu’il perçoit est net. « Un emploi créé chez nous génère quatre fois plus d’emplois chez nos partenaires et sous-traitants », a aussi fait valoir Bernard Arnault.
Sur les suppressions d’emplois, un discours de prudence
Une partie de l’échange a porté sur la souveraineté économique. Bernard Arnault a critiqué la demande d’Emmanuel Macron de suspendre les investissements aux États-Unis. « Je ne pense pas qu’il soit très opportun de tenir compte des conseils de ce genre, d’où qu’ils viennent », a-t-il déclaré.
Le PDG de LVMH a ajouté : « Il est très mauvais pour l’État de se mêler de la gestion des entreprises privées. En général, ça mène à la catastrophe. » Il évoque une hausse brutale de 40 % des impôts sur les bénéfices déclarés en France, qu’il juge « à peine croyable ».
Concernant les 1 200 postes visés chez Moët Hennessy, Bernard Arnault a répondu en évoquant le contexte économique : « On a moralement la responsabilité de ne pas faire de licenciements, mais on ne peut pas être obligé de garder le même nombre d’emplois quand la conjoncture est difficile. » Une ligne qu’il oppose à la logique administrative, tout en soulignant la responsabilité sociale de son groupe.
Bernard Arnault : une prise de parole offensive
La tonalité générale de l’audition a oscillé entre justification et confrontation. Bernard Arnault n’a pas hésité à répondre aux critiques médiatiques : Le Monde, les Paradise Papers, OpenLux, L’Humanité. Il se montre ferme : « Le Monde, il n’est pas marxiste, il est plutôt LFI », ou encore : « Ce qu’il y a de mieux dans Le Monde, c’est les mots croisés. »
Au-delà des formules, l’objectif était clair : rappeler la place de LVMH dans l’économie française et se défendre contre toute accusation de double discours entre performance économique et usage des financements publics.







