Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, l’Assemblée nationale a voté la mise en place d’une taxe de 2 euros sur chaque colis de faible valeur importé depuis un pays extra-européen. Cette mesure, voulue par le gouvernement pour renforcer les contrôles douaniers et limiter la concurrence des plateformes internationales, s’inscrit dans un contexte d’importations massives de produits à bas coût exigeant une réponse économique.
Pourquoi cette taxe ?
L’instauration de la taxe de deux euros vise à combler une « zone grise » des importations de petits colis. Selon la rédaction de RTL, l’Assemblée nationale a approuvé cette taxe « ciblant les petits colis d’une valeur inférieure à 150 euros d’origine extra-européenne ». Cette valeur-seuil de 150 euros correspond à des envois échappant jusqu’à présent aux droits de douane et aux contrôles renforcés. Les parlementaires entendent ainsi utiliser la taxe pour financer l’acquisition de scanners et l’embauche de douaniers.
L’enjeu est double : d’une part, limiter l’essor des importations à bas coût issues hors Europe — souvent perçues comme une concurrence déloyale — et d’autre part, récupérer un rendement pour les finances publiques. D’après les données disponibles, environ 1,5 milliard de colis arrivent chaque année dans les foyers français, et plus de la moitié de ces envois affichent une valeur inférieure à 150 euros.
Les modalités et rendements attendus
La taxe de 2 euros par article importé hors de l’Union européenne (dans un colis évalué à moins de 150 euros) a été adoptée par 208 voix contre 87 à l’Assemblée nationale. Le rendement estimé de cette mesure est d’environ 500 millions d’euros, qui devront être affectés au renforcement des moyens de la douane et aux outils de vigilance sur le terrain, précise TF1INFO. Pour le gouvernement, cette taxe doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2026, alignée sur des initiatives similaires dans d’autres pays européens.
Les critiques et obstacles
Malgré un large soutien parlementaire, la mesure suscite des critiques. Le groupe RN a dénoncé une « taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes », selon des propos du député Jean-Philippe Tanguy, rapporte TF1 INFO. L’opposition pointe le risque que cette taxe touche non pas uniquement les importations massives, mais aussi les achats modestes du quotidien.
Sur le plan technique, l’efficacité de la mesure pourrait être limitée : la collecte et le recouvrement de la taxe via les plateformes de e-commerce ou les services postaux restent à préciser. De plus, certains estiment que le montant de 2 euros est dérisoire au regard du coût réel des contrôles et des flux d’importation. Par exemple, un article de La Tribune rappelle que le dispositif s’inscrit dans une série de mesures visant à combler les failles européennes.
Impacts attendus sur le marché et les consommateurs
Pour les plateformes extra-européennes et les importateurs, la taxe de deux euros pourrait signifier une légère hausse des coûts unitaires. Cela pourrait, à terme, inciter certains acteurs à re-localiser ou à réévaluer leur stratégie tarifaire. Toutefois, pour le consommateur, la hausse est modeste — mais elle intervient dans un contexte de renchérissement général des achats en ligne et d’interrogation sur le pouvoir d’achat.
Du côté des douanes, ce nouveau flux de recettes permettrait de moderniser les équipements et d’augmenter l’effort de contrôle. Mais tout dépendra de l’articulation de cette mesure avec des actions de fond, notamment la coopération européenne pour éviter les contournements. Une taxe isolée ne suffira pas à seule à contrer la « submersion » de petits colis extra-européens, selon les critiques.








