L’année 2024 aura été marquée par une succession de phénomènes climatiques majeurs sur l’ensemble du territoire français, métropolitain comme ultramarin. Selon les données publiées par France Assureurs le 26 mars 2025, le coût total des dégâts causés par ces événements s’élève à cinq milliards d’euros pour les seuls assureurs. Derrière ce chiffre se cache une multiplication des sinistres — tempêtes, inondations, cyclones, grêle — aux effets concrets sur les habitations, les infrastructures, les terres agricoles, et plus largement sur les écosystèmes locaux.
Climat : un enchaînement d’épisodes extrêmes sur douze mois
L’année 2024 s’est ouverte sur les conséquences encore visibles des inondations ayant frappé le Nord et le Pas-de-Calais entre novembre 2023 et janvier 2024. Ces pluies d’une intensité exceptionnelle ont engendré des crues prolongées, touchant de plein fouet les habitations, les équipements publics et les exploitations agricoles. Le coût global de cette séquence inondation est estimé à 430 millions d’euros, selon les déclarations officielles de France Assureurs.
À peine quelques mois plus tard, en octobre 2024, deux tempêtes successives — Kirk et Leslie — ont balayé plusieurs régions du pays, provoquant 785 millions d’euros de dommages. Les vents violents, accompagnés de grêle et de précipitations intenses, ont entraîné de nombreux sinistres sur les toitures, les lignes électriques et les cultures. Le quart sud-est du territoire a, quant à lui, été touché par des épisodes méditerranéens et cévenols intenses, contribuant au lourd bilan de l’année.
Outre-mer : trois cyclones en treize mois, une pression inédite
Les territoires ultramarins ont payé un lourd tribut. Mayotte a été sévèrement impactée par le cyclone Chido, en décembre 2024. À lui seul, cet événement a généré 500 millions d’euros de sinistres assurés, principalement en lien avec les dégâts sur les logements précaires, les réseaux routiers, ainsi que les infrastructures énergétiques et sanitaires.
Dans un intervalle de seulement treize mois, trois cyclones majeurs ont frappé les outre-mer français : Belal en avril 2024, Garance en mars 2025 (La Réunion), et Chido. L’ensemble de ces événements cumule plus d’un milliard d’euros de dommages. Ce chiffre, pour la seule sphère assurantielle, témoigne d’un impact matériel massif, mais masque aussi les effets environnementaux collatéraux : destruction d’espèces endémiques, contamination des eaux, déforestation partielle et érosion accélérée des sols.
Des dégâts invisibles : pluies extrêmes et fissures des sols
Sur le territoire métropolitain, l’année 2024 a également été caractérisée par une anomalie climatique durable : des précipitations abondantes et constantes, couplées à un déficit solaire inédit. Résultat : les dégâts des eaux ont explosé, en hausse de 12 % sur l’année. Ces sinistres, souvent jugés « mineurs » individuellement, constituent collectivement le premier poste d’indemnisation en assurance habitation.
Mais l’humidité persistante n’est qu’un volet de la problématique. Le risque de retrait-gonflement des argiles (RGA), particulièrement redouté en cas de sécheresse estivale, est sur le point de devenir un enjeu national. Ce phénomène géotechnique provoque des fissures profondes dans les structures bâties et menace, selon France Assureurs, 10,4 millions de maisons individuelles situées en zones à exposition moyenne ou forte. Une sécheresse estivale en 2025 pourrait donc activer massivement ce risque, alourdissant encore les pertes.
Assurance : le pire est à venir
En totalisant cinq milliards d’euros de sinistres assurés, 2024 ne constitue pas une année record, mais elle confirme une dynamique : les coûts liés aux événements naturels ne cessent de croître, et avec eux les impacts matériels, humains et environnementaux. À titre de comparaison, la moyenne des années 1982-1989 se situait à 1,5 milliard d’euros par an. Les projections à long terme, formulées par France Assureurs, anticipent 143 milliards d’euros de dommages climatiques cumulés d’ici 2050, soit près du double des pertes enregistrées sur la période 1989-2019.
Cette évolution rapide, plus rapide que les modélisations initiales, confirme l’urgence d’une approche systémique de l’adaptation : anticipation locale, urbanisme résilient, infrastructures robustes, réformes assurantielles, gestion des zones à risque.








