Depuis le vendredi 26 septembre 2025, l’Assurance maladie a choisi d’intensifier sa communication auprès de ses 60 millions d’assurés. Tous les dix jours, un e-mail signale désormais qu’un remboursement a été effectué, sans indiquer de montant mais en renvoyant vers le compte ameli. Ce geste simple n’est pas seulement un outil anti-escroquerie : il s’agit surtout d’un rappel constant du coût de la santé, dans un système fragilisé par un déficit de 13,8 milliards d’euros l’an dernier.
Informer : une pédagogie budgétaire au cœur de la santé publique
L’Assurance maladie veut redonner de la visibilité à la valeur financière de chaque consultation, chaque acte médical et chaque boîte de médicaments. « Avec le tiers payant, on a parfois le sentiment que quand on va chez le médecin ou à la pharmacie, c’est gratuit ou presque, or ça ne l’est pas », a rappelé Marc Scholler, directeur délégué de l’institution, cité par le HuffPost. En clair, le mail périodique agit comme une piqûre de rappel : derrière le geste banal d’aller chez son praticien, il y a une dépense collective financée par la Sécurité sociale.
Chaque jour, plus de 600 millions d’euros sont déboursés par l’Assurance maladie, selon TF1 Info. Et pour 1 000 euros de soins pris en charge, 54 euros sont financés « à crédit », faute de recettes suffisantes. Dans ces conditions, l’institution cherche à faire évoluer les comportements : consulter ses remboursements, comprendre ce que coûte un traitement, et intégrer la réalité financière de la santé dans son quotidien.
Responsabiliser : transformer chaque assuré en acteur du système
Cette pédagogie budgétaire n’a pas pour but de culpabiliser, mais de responsabiliser. « Informer sans culpabiliser et renforcer la vigilance », a expliqué Marc Scholler. En envoyant régulièrement des mails, l’Assurance maladie veut instaurer un réflexe : vérifier, comparer et, le cas échéant, signaler une anomalie. Ce geste anodin sert à deux causes : sécuriser son dossier personnel et protéger les finances publiques.
Car la fraude pèse lourdement sur les comptes de l’Assurance maladie. En 2024, 628 millions d’euros de paiements indus ont été stoppés, soit +35 % par rapport à 2023. 52 % des fraudes sont imputables aux assurés mais elles ne représentent que 18 % des montants, alors que 27 % concernent des professionnels de santé pour 68 % des sommes.












