Le 8 décembre 2025, Terra Nova publie une note intitulée « Comptes publics : en finir avec le n’importe quoi (qu’il en coûte) », dans laquelle le think tank détaille un plan de redressement qui place la TVA au cœur de la stratégie. Selon ce document et les articles de presse qui le résument, la priorité est de maîtriser la dette publique à moyen terme en agissant à la fois sur les recettes et sur les dépenses, sans tabler uniquement sur un nouvel impôt ciblé sur les hauts revenus.
Un plan Terra Nova centré sur la TVA et la dette
Dans sa note, Terra Nova part d’un constat macroéconomique : la dette publique française, autour de 115 % du PIB, expose l’État à une hausse durable de la charge d’intérêts, alors même que la charge de la dette atteint déjà environ 55 milliards d’euros en 2025, soit près de 9,5 % du budget de l’État selon Vie publique. Terra Nova résume cet enjeu en expliquant qu’« il faut reprendre 100 à 120 milliards d’euros » chaque année par rapport à la trajectoire tendancielle des dépenses pour stabiliser la dette autour de 120 % du PIB. Dans cette perspective, la TVA est présentée comme un instrument d’ajustement majeur, car cet impôt sur la consommation permet d’augmenter rapidement les recettes fiscales sans modifier en profondeur l’architecture du système de prélèvements.
Le Monde rapporte que, pour le principal auteur du rapport, Guillaume Hannezo, « taxer les riches et réduire les dépenses ne suffiront pas à redresser les comptes », tant la dette et le déficit se sont creusés depuis plusieurs années. Face à ce diagnostic, Terra Nova considère qu’« il faudra augmenter un des impôts que tout le monde paie », au premier rang desquels la taxe sur la valeur ajoutée. Le raisonnement économique est le suivant : la TVA est assise sur une base très large de consommation, elle touche la quasi-totalité des biens et services et elle peut, en théorie, être relevée par paliers, ce qui en fait un outil privilégié pour atteindre un objectif d’ajustement de plusieurs points de PIB sur l’ensemble des impôts.
Les paramètres économiques de la hausse de TVA proposée
La note de Terra Nova ne fixe pas un taux unique de TVA, mais elle décrit un ordre de grandeur. Le Monde indique que « le taux normal de TVA pourrait par exemple être relevé de 20 % à 23 % voire 25 %, quitte à maintenir les taux réduits ». Cette indication donne une fourchette précise pour la hausse de la taxe sur la consommation : un relèvement d’au moins trois points sur le taux normal, appliqué à la majorité des biens et services. D’un point de vue économique, un tel mouvement sur la TVA représente plusieurs dizaines de milliards d’euros de recettes potentielles, surtout si la consommation nominale continue de progresser.
La note Terra Nova insiste cependant sur le fait que la TVA ne peut pas, à elle seule, produire les 100 à 120 milliards d’euros d’ajustement. Le texte rappelle qu’une partie de cet effort doit aussi provenir des dépenses, en particulier des retraites, dont le poids dans le PIB est jugé élevé. Selon Le Monde, Terra Nova envisage une réduction de 10 à 12 % des revenus de retraite, notamment via la suppression d’avantages fiscaux spécifiques, afin de limiter la croissance des dépenses sans uniquement compter sur la hausse de la TVA. Le centre de réflexion souligne aussi que faire « payer les plus riches » ne pourrait couvrir, même dans une version maximale, que 10 à 15 % de l’effort total, comme l’indique une autre note de Terra Nova consacrée au rendement de la taxation des plus fortunés. La hausse de la TVA est donc conçue comme une composante centrale mais non exclusive d’un ensemble plus large de mesures visant la dette.
Effets attendus de la nouvelle TVA sur les comptes publics
Sur le plan budgétaire, Terra Nova raisonne en masses. Dans sa note, le think tank rappelle que passer d’un déficit structurel à un excédent primaire implique un ajustement de l’ordre de 4 points de PIB, soit près de 120 milliards d’euros, par rapport à une situation où les dépenses et les recettes progresseraient comme la richesse nationale. La TVA, en tant que taxe sur la consommation, est utilisée comme un levier pour augmenter les recettes d’impôt en parallèle des économies sur la dépense.
Dans son analyse, Terra Nova chiffre l’effort à « 3 000 à 4 000 euros par ménage et par an », ce qui donne une échelle concrète de la variation de prélèvements induite par la combinaison de hausse de TVA, d’autres impôts et de réformes budgétaires. L’objectif économique est clair : dégager des excédents primaires suffisants pour stabiliser, puis contenir à terme, la charge de la dette.








