Le 29 août 2025, une étude menée au Royaume-Uni par le King’s College London attire l’attention sur un phénomène encore peu discuté : de nombreux adultes autistes, parfois âgés de plus de 40 ans, n’ont jamais été identifiés comme tels.
Autisme adulte : un phénomène encore largement méconnu
Selon la revue scientifique, 89 % des personnes autistes âgées de 40 à 59 ans n’ont pas de diagnostic, un chiffre qui atteint 97 % chez les plus de 60 ans. Pour le Dr Gavin Stewart, « ces estimations très élevées de sous-diagnostic suggèrent que de nombreux adultes autistes n’auront jamais été reconnus comme tels, et n’auront pas bénéficié du soutien approprié ».
Au-delà des chiffres, l’étude montre que le repérage de l’autisme reste centré sur l’enfance. Les critères cliniques ont longtemps été pensés pour les plus jeunes, ce qui limite l’évaluation des adultes. Comme le rappelle la professeure Francesca Happé, « comprendre les besoins des personnes autistes vieillissantes est une préoccupation mondiale de santé publique ». Cette approche invite à élargir la vision de la médecine et de la psychiatrie, afin d’intégrer toutes les tranches d’âge.
Des parcours de vie façonnés par le manque de diagnostic
L’absence de reconnaissance de l’autisme, qui sans être une maladie peut être un handicap, a des effets concrets dans la vie quotidienne. Sans diagnostic, il est plus difficile d’obtenir un accompagnement adapté, que ce soit en matière de santé, d’emploi ou de protection sociale. Or, ça se ressent sur l’espérance de vie moyenne qui est de 75 ans chez les personnes autistes, contre 81 ans pour la population générale, d’après la même étude. L’importance d’un suivi médical adapté tout au long de la vie apparaît évident…
L’étude rappelle également que la recherche reste insuffisante : depuis 1980, seulement 0,4 % des publications scientifiques sur l’autisme concernent les adultes d’âge moyen ou avancé. Cette lacune contribue à un cercle vicieux : faute de données, les stratégies de diagnostic et d’accompagnement tardent à se développer, et les générations plus âgées en pâtissent.
Santé mentale et santé physique : un enjeu croisé
Si le diagnostic est tardif, les conséquences se font sentir sur la santé dans son ensemble. Les adultes autistes présentent un risque plus élevé de développer des pathologies diverses : troubles cardiovasculaires, maladies immunitaires, affections neurologiques ou gastro-intestinales, selon l’étude du King’s College London.
La dimension psychiatrique ne doit pas être négligée. L’étude montre que les adultes autistes sont six fois plus exposés aux idées suicidaires ou à l’automutilation, et quatre fois plus susceptibles de développer une démence précoce.












