Le 13 avril 2025, le ministre de l’Économie, Éric Lombard, a annoncé que la France devra mobiliser un effort supplémentaire de 40 milliards d’euros pour ramener son déficit public à 4,6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026. Cette trajectoire budgétaire s’inscrit dans une stratégie de redressement des comptes publics entamée en 2023, sans augmentation d’impôt pour les ménages ou les entreprises. L’exécutif privilégie des économies structurelles et une optimisation de la dépense publique.
Budget : un objectif de 4,6 % de déficit pour 2026
L’objectif fixé par le gouvernement est de réduire progressivement le déficit public. Après un niveau attendu de 5,4 % du PIB en 2025, la cible pour 2026 est fixée à 4,6 %. Cette ambition s’inscrit dans une trajectoire à moyen terme visant à ramener le déficit public sous la barre des 3 % à l’horizon 2029.
Selon Éric Lombard, cet effort passera « essentiellement par des économies », sans qu’aucune hausse d’impôt ne soit prévue. Il a précisé lors de plusieurs prises de parole que la France disposait encore de marges d’ajustement grâce à un niveau de dépenses publiques représentant 57 % du PIB.
Un effort estimé à 40 milliards d’euros
Le montant total des ajustements nécessaires pour respecter l’objectif de déficit en 2026 est estimé à 40 milliards d’euros. Ce chiffre a été confirmé par plusieurs membres du gouvernement, notamment par Amélie de Montchalin, ministre chargée des Comptes publics, dans l’émission Questions politiques sur France Inter, et par la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.
La répartition exacte des économies n’a pas encore été précisée. Éric Lombard a indiqué qu’il était encore trop tôt pour en détailler les modalités, le projet de loi de finances pour 2026 n’étant pas encore finalisé, rappelle 20 Minutes. Toutefois, le principe d’un cadrage budgétaire strict a été acté, excluant toute hausse générale de la fiscalité.
Maintien des engagements fiscaux : pas de hausse d’impôts prévue
Le gouvernement a réaffirmé son engagement à ne pas augmenter les impôts des entreprises ni ceux des classes moyennes. « Hors de question d’augmenter les impôts », a déclaré Éric Lombard. Sophie Primas a également insisté sur le respect de cette ligne, qualifiée de « ligne rouge » par l’exécutif, souligne Le Figaro.
Toutefois, certaines pistes ont été évoquées, comme la pérennisation d’une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus mise en place en 2023. Ce levier pourrait être maintenu, mais il ne s’agirait pas d’une mesure générale de hausse fiscale.
Contexte économique : croissance révisée à la baisse
Le contexte macroéconomique rend la tâche plus complexe. La prévision de croissance pour 2025 a été abaissée à 0,7 % par le ministère de l’Économie, contre 1,2 % initialement projeté. Dans ce cadre, l’exécutif prévoit d’organiser une conférence sur les finances publiques, pilotée par le Premier ministre François Bayrou, afin d’associer les parlementaires et les partenaires sociaux aux choix budgétaires à venir.
Le cadrage budgétaire sera affiné dans les prochaines semaines. Le gouvernement prévoit de présenter les grandes orientations lors de la conférence sur les finances publiques prévue le 15 avril 2025. Les arbitrages définitifs sur les économies sectorielles interviendront dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2026, qui sera présenté à l’automne.
D’ici là, les échanges avec les administrations, les élus et les partenaires sociaux devraient permettre d’identifier les postes de dépenses susceptibles d’être réduits, tout en préservant les politiques prioritaires.








