Ce budget n’a qu’un objectif : la survie politique. Aucune ambition, aucune réforme, aucune économie. Juste une avalanche d’impôts et de taxes pour donner le change. C’est un texte de renoncement, destiné à sauver un gouvernement sans cap, incapable de trancher, incapable de réformer. Rien ne change, rien ne bouge, et surtout, personne n’ose.
Le budget du renoncement
Sébastien Lecornu voulait rassurer tout le monde. Résultat : il n’a convaincu personne. Ce budget 2026 est un patchwork politique, bricolé à la hâte pour éviter une censure. Pas de cap, pas de vision, pas de réforme. L’objectif de déficit ? 4,7 %, peut-être 5 %. Autrement dit : on continue de creuser, mais poliment. Le 49.3 est écarté pour faire “démocratique”, en vérité, c’est parce qu’il n’a pas de majorité pour assumer quoi que ce soit. Il reprend la copie de Bayrou, colle deux rustines dessus, et espère que ça tienne. On appelle ça gouverner ? Non, c’est naviguer à vue. Ce texte n’a qu’un objectif : tenir quelques mois sans scandale. Pendant ce temps, la dépense publique explose, la dette s’envole et la France s’enfonce.
Le retour de l’ISF maquillé
Le clou du spectacle, c’est la fameuse taxe sur les holdings patrimoniales. Présentée comme un geste de “justice fiscale”, c’est en réalité un retour de l’ISF sous un autre nom. Une taxe Zucman à la française : 2 %, comme par hasard. Elle frapperait les patrimoines à partir de 5 millions d’euros, soit des entrepreneurs qui ont vendu leur entreprise ou qui ont simplement investi dans la leur. Pas des milliardaires planqués dans les paradis fiscaux, non. Des chefs d’entreprise français, des fondateurs de PME, des investisseurs familiaux. Ceux qui bossent, qui créent, qui prennent des risques. L’État les traite comme des fraudeurs. Ces holdings, ce ne sont pas des abris fiscaux : ce sont des outils de travail. On y place du capital pour réinvestir, pour financer l’emploi, pour produire. Mais pour le gouvernement, capital = suspect. Le rendement espéré ? 1,5 milliard d’euros. Une goutte d’eau. Mais l’effet symbolique est énorme : un signal de défiance envers tout ce qui produit de la richesse. Voilà la “justice sociale” à la française : taxer le risque, récompenser l’immobilisme.
La lâcheté d’État
Et les économies ? Aucune. Rien. Néant. On ne réforme pas, on gèle. On gèle les salaires, les retraites, les prestations. On rabote un peu les ministères, on serre les collectivités, et on appelle ça de la rigueur. En réalité, c’est de la peur. Peur de réformer, peur de décider, peur de déplaire. L’État n’a plus de colonne vertébrale, il n’a que des comptes à rendre à sa propre lâcheté. Lecornu a eu peu de temps pour préparer son budget ? Certes. Mais il aurait pu avoir du courage. Il a préféré le confort. Résultat : la France reste coincée dans le déni, incapable de se transformer, prisonnière de sa dette et de son obsession fiscale. Un pays où on taxe les entrepreneurs comme des coupables, où la réussite devient suspecte, et où la politique se réduit à un exercice de survie.
Au fond, rien n’a changé : le pouvoir promet la responsabilité, mais pratique la résignation. Ce budget est un mensonge d’État. Et la facture, encore une fois, c’est la France qui travaille qui va la payer.








