Le 16 décembre 2025, la justice californienne a tranché. Tesla a trompé ses clients sur la conduite autonome, selon un juge administratif saisi par le Department of Motor Vehicles. En cause, des années de communication jugée ambiguë, voire mensongère, autour des fonctions Autopilot et Full Self-Driving. Cette décision ne remet pas seulement en question un vocabulaire. Elle attaque frontalement une méthode commerciale qui a façonné l’image du constructeur dans l’automobile technologique.
Conduite autonome : une promesse que Tesla savait irréalisable
Depuis plus d’une décennie, Tesla vend la conduite autonome comme une évidence imminente. Pourtant, selon les juges, l’entreprise savait pertinemment que ses véhicules ne pouvaient pas conduire seuls. Malgré cela, le marketing a continué à employer des termes évoquant une autonomie complète. Le juge estime que ces appellations donnent aux consommateurs une impression erronée des capacités réelles des voitures, selon le Department of Motor Vehicles. Autrement dit, Tesla n’a pas seulement enjolivé la réalité, il l’a travestie.
Cette stratégie repose sur un glissement sémantique calculé. Autopilot et Full Self-Driving suggèrent une conduite autonome avancée, alors que les systèmes exigent en permanence l’attention du conducteur. Certes, Tesla mentionne la supervision humaine dans ses conditions. Toutefois, la justice considère que ces avertissements ne compensent pas l’impact du message principal. Selon TechCrunch, le juge reproche au constructeur d’avoir créé une illusion de sécurité et de performance, incompatible avec la réglementation californienne. Steve Gordon, responsable au DMV, a déclaré que cette décision « impose aux constructeurs les standards de sécurité les plus élevés ».
Une sanction qui vise le modèle économique de Tesla
La conduite autonome n’est pas seulement un argument technologique chez Tesla. C’est un pilier de son modèle économique. Facturée plusieurs milliers d’euros, cette option repose sur la promesse d’un futur qui tarde à arriver. La justice californienne s’attaque donc à un levier commercial central. Le juge administratif a recommandé une suspension de 30 jours des licences de fabrication et de vente du constructeur. Une sanction lourde, même si elle a été provisoirement différée.
Dans les faits, le DMV a accordé à Tesla 60 jours pour corriger son discours sur la conduite autonome, avant toute suspension effective, selon le Department of Motor Vehicles. De plus, la suspension de la licence de vente a été repoussée de 90 jours, selon Reuters. Tesla a immédiatement minimisé l’impact de la décision. L’entreprise affirme que ses ventes « se poursuivront sans interruption ».
Conduite autonome : un signal d’alarme pour toute l’automobile
L’affaire Tesla dépasse largement le cas d’un constructeur. Elle envoie un message clair à toute l’industrie de l’automobile : la conduite autonome ne peut plus être vendue comme un mirage marketing. Sous la pression de la justice, Tesla a déjà commencé à revoir ses termes, rebaptisant « Full Self-Driving Capability » en « Full Self-Driving (Supervised) », selon CBS News. Ce changement, tardif, ressemble davantage à une concession contrainte qu’à une prise de conscience volontaire.
Selon Reuters, le 17 décembre 2025, le DMV exige désormais que Tesla choisisse clairement entre deux options : prouver une autonomie réelle ou renoncer à toute terminologie ambiguë. Cette exigence pourrait créer un précédent juridique. Elle fragilise un discours largement répandu dans l’automobile technologique, où la conduite autonome sert souvent d’argument spéculatif plus que de réalité opérationnelle. Pour Tesla, la décision marque une rupture. Pour les consommateurs, elle confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà : la promesse d’autonomie totale relevait davantage de la publicité que de la technologie.








