Depuis le 1er janvier 2025, France Travail a officiellement remplacé Pôle emploi. L’organisme chargé de l’accompagnement des personnes à la recherche d’un emploi entame aujourd’hui une nouvelle étape, avec la mise en œuvre progressive d’une réforme importante du contrôle des demandeurs d’emploi. Cette évolution, qui entrera en vigueur à partir du 1er juin 2025, vise à modifier la façon dont sont évaluées les démarches des personnes inscrites, tout en renforçant le volume global des vérifications effectuées chaque année.
France Travail : bientôt plus de 1 million de contrôles par an
Les chiffres publiés le 24 avril 2025 permettent de mieux comprendre l’ampleur du tournant en cours. En 2024, un peu plus de 616 000 contrôles ont été réalisés, ce qui représente une hausse de 16,7 % par rapport à l’année précédente. Parmi les personnes contrôlées, 55 % ont été considérées comme étant dans une dynamique de recherche active, tandis que 21 % ont été jugées comme ayant besoin d’un accompagnement renforcé. Environ 17 % des contrôles ont donné lieu à une sanction, le plus souvent une radiation temporaire.
L’objectif affiché pour les années à venir est particulièrement ambitieux. Le gouvernement prévoit de tripler le volume des contrôles d’ici à 2027, avec un objectif de 1,5 million de vérifications par an. Cette montée en puissance repose sur un déploiement progressif de moyens humains et techniques supplémentaires. France Travail a d’ores et déjà annoncé le renforcement de ses équipes chargées des contrôles, ainsi que la mise en place d’outils de traitement mieux adaptés, sans recours massif à l’intelligence artificielle, selon les déclarations de ses représentants.
Bonne nouvelle : rater un rendez-vous sera moins sanctionné
Au-delà de l’augmentation quantitative, la réforme introduit également une évolution significative dans la manière d’appliquer les sanctions. Jusqu’à présent, l’absence à un rendez-vous avec un conseiller pouvait suffire à entraîner une radiation immédiate. À compter du 1er juin 2025, ce ne sera plus le cas. Le nouveau dispositif prévoit qu’un conseiller spécialisé devra évaluer la situation dans son ensemble avant toute décision. Il pourra notamment prendre en compte les preuves de recherche d’emploi fournies par le demandeur concerné. Si ces éléments sont jugés satisfaisants, aucune sanction ne sera appliquée.
Un nouveau type de sanction va également apparaître : la suspension-remobilisation. Cette mesure consiste à suspendre temporairement le versement de l’allocation ou de l’aide perçue par le demandeur, tout en maintenant le lien avec France Travail. Si la personne reprend activement ses démarches et peut en apporter la preuve, ses droits pourront être rétablis rétroactivement.
Ce dispositif a été expérimenté dans huit régions entre juillet 2024 et le printemps 2025. Selon les premiers bilans communiqués, cette phase test a permis de réduire de 21 % les délais de traitement des dossiers, sans augmentation du nombre global de sanctions.
En parallèle, l’intégration progressive des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) au sein de France Travail constitue une autre évolution majeure. Depuis janvier, environ 1,2 million de bénéficiaires supplémentaires ont été automatiquement inscrits. Le contrat d’engagement signé par les demandeurs d’emploi s’applique désormais à ces nouveaux inscrits, avec les mêmes exigences en matière de démarches actives. France Travail insiste sur le fait que les conseillers conserveront une marge d’appréciation dans l’évaluation des situations individuelles. L’idée est d’éviter des décisions automatiques, en privilégiant un accompagnement personnalisé fondé sur des échanges concrets.












