Corruption : la France en pleine débâcle

Publié le
Lecture : 2 min
Chaque année la corruption coûte 120 milliards à l’économie de l’UE
Corruption : la France en pleine débâcle | www.nlto.fr

Autrefois présentée comme une démocratie exemplaire, la France s’enfonce dans les profondeurs du classement mondial de la corruption. Selon Transparency International, la situation se dégrade à une vitesse alarmante, au point que la France est désormais au même niveau que le Qatar.

Une chute brutale pour la France dans le classement de la corruption

Le verdict de Transparency International, publié le 11 février 2025, est sans appel : la France est en chute libre. En une année, elle perd cinq places et se retrouve 25e au niveau mondial, avec un score de 67 points sur 100. À titre de comparaison, elle occupait encore la 20e place en 2023. Un effondrement qui la met au même niveau que des pays comme le Qatar, Taïwan ou les Bahamas, loin derrière l’Allemagne ou les pays scandinaves.

Selon Florent Clouet, délégué général de Transparency International, cette dégringolade est la conséquence d’une absence de volonté politique de lutter efficacement contre la corruption. Les affaires judiciaires s’accumulent, la transparence des décisions publiques est de plus en plus opaque et les conflits d’intérêts prolifèrent au sommet de l’État.

Pourquoi la France s’enfonce-t-elle dans la corruption ?

La perte de confiance des citoyens envers leurs dirigeants n’est pas une surprise. D’après Transparency International, 26 ministres du gouvernement français sont impliqués dans des affaires politico-judiciaires depuis 2017. Parmi eux, Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, mis en examen pour prise illégale d’intérêts, ou encore Rachida Dati, ministre de la Culture, accusée de corruption.

Pire encore, la France se distingue par le maintien de ministres en fonction malgré leur mise en examen. Selon Transparency International, cette tolérance affaiblit les principes d’exemplarité et nourrit chez les Français le sentiment d’impunité des élites.

Autre point noir : la porosité entre les sphères publiques et privées. L’ONG dénonce une proximité inquiétante entre le gouvernement et certains lobbys, notamment ceux des crèches privées et des eaux minérales. La remise en question de l’agrément d’Anticor, association anticorruption, pendant plusieurs mois en 2024, est également perçue comme un recul démocratique majeur.

Face à cette situation préoccupante, Transparency International appelle à des réformes d’urgence. Parmi ses recommandations :

  • Obliger les parlementaires et ministres à rendre publics leurs rendez-vous avec les lobbys.
  • Contrôler en continu les comptes de campagne électorale.
  • Renforcer les pouvoirs du Parquet National Financier pour mieux traquer la corruption.

L’ONG alerte sur le fait que si rien n’est fait, la France pourrait basculer définitivement dans la catégorie des pays à corruption endémique. Un avertissement que le gouvernement ne peut plus ignorer.

Laisser un commentaire