La ville de Marseille fait face à une crise du logement inédite. La flambée des prix de l’immobilier, la raréfaction des logements abordables et l’essor des meublés touristiques compliquent encore plus la situation. Avec environ 40 000 logements insalubres et des milliers de demandes de logements sociaux qui restent sans réponse chaque année, la pression sur le marché se fait sentir. En cinq ans, les prix ont grimpé de plus de 30 %, ce qui rend l’accès au logement toujours plus compliqué pour les habitants.
Nouvelle règle sur les locations de courte durée
Pour essayer de freiner cette situation, la ville a décidé d’agir sur les locations de courte durée. Avant, les propriétaires pouvaient louer leur résidence principale jusqu’à 120 jours par an. Mais depuis une loi votée en novembre 2024, la limite est ramenée à 90 jours par an. Le but est clair : freiner l’expansion des meublés de tourisme qui pullulent dans des quartiers prisés comme Le Panier, le Vieux-Port et les Catalans, des zones très convoitées.
Le maire Benoît Payan a affirmé son soutien à cette mesure en
Les propriétaires qui ne respecteraient pas cette limitation s’exposent à une amende pouvant atteindre 15 000 euros (un signal fort de la mairie pour mettre un terme aux abus).
Mesures passées et comparaison avec Paris
Ces dernières années, la municipalité n’a pas chômé en matière de nouvelles mesures. Parmi celles mises en place, il y a :
- l’interdiction des boîtes à clés (pour éviter les locations frauduleuses),
- une taxe de séjour plus élevée pour les meublés touristiques
- et la suppression des annonces non conformes.
Depuis 2021, Marseille encadre rigoureusement le changement d’usage des logements en meublés touristiques. Une brigade dédiée au contrôle des annonces a été créée en 2023, et depuis 2024, une compensation est demandée si une résidence secondaire se transforme en meublé touristique (une manière de rééquilibrer la situation).
On retrouve aussi cette approche chez Paris, où la limite est déjà fixée à 90 jours. Pourtant, dans la capitale, les prix continuent d’augmenter.
Conséquences économiques et débat sur l’efficacité
Marseille reçoit chaque année plus de 5 millions de visiteurs. Réduire l’offre de locations, c’est potentiellement risquer de détourner certains touristes vers d’autres destinations. Du côté des propriétaires, beaucoup dénoncent une véritable chasse aux sorcières et craignent que certains se voient contraints de vendre leur bien.
Le débat reste ouvert : certains se demandent si ces restrictions vont réellement changer la situation du logement ou s’il ne s’agit que d’un coup politique de la mairie. Le directeur général d’Airbnb France et Belgique, Clément Eulry, a d’ailleurs réagi en qualifiant ces mesures de « diversion » politique, pénalisant ainsi les familles qui dépendent des revenus locatifs pour améliorer leur pouvoir d’achat.
Réactions d’Airbnb et chiffres locaux
Clément Eulry souligne qu’environ 9 annonces sur 10 à Marseille concernent soit des chambres chez l’habitant, soit des logements loués moins de 120 jours par an. Il estime qu’en limitant encore ces pratiques, on affecte non seulement les familles, mais aussi les commerces locaux qui profitent de l’activité touristique.
Face à cette situation compliquée, il reste à voir comment ces changements réglementaires vont réellement influencer le marché immobilier local dans les années à venir, la question est toujours en suspens quant à savoir si ces mesures pourront véritablement atténuer la pression sur le logement dans cette ville emblématique du sud-est français.