Cybersécurité : les internautes français de plus en plus ciblés

L’hameçonnage est la principale porte d’entrée des cybercriminels pour voler des informations sensibles.

Publié le
Lecture : 2 min
Cyberguerre : des pirates mettent hors service RuTube, le Youtube russe
Cybersécurité : les internautes français de plus en plus ciblés © www.nlto.fr

Avec l’essor des services en ligne, des paiements numériques et des échanges dématérialisés, la cybersécurité n’est plus une préoccupation réservée aux entreprises ou aux administrations. Les particuliers sont désormais dans le viseur des cybercriminels, qui perfectionnent leurs méthodes pour piéger les utilisateurs les moins vigilants. Selon l’ANSSI, qui a publié son rapport annuel le 11 mars 2025, les attaques ciblant les internautes français ont connu une augmentation inquiétante en 2024. Plus de 68 % des incidents signalés sont liés à des tentatives d’hameçonnage, tandis que le nombre de fraudes bancaires a explosé, touchant plus de 1,7 million de personnes.

Les menaces ne se limitent pas aux escroqueries classiques par e-mail ou SMS. L’usage de l’intelligence artificielle par les cybercriminels rend les arnaques plus crédibles que jamais, qu’il s’agisse d’imitations vocales, de fausses vidéos ou de deepfakes imitant à la perfection des proches ou des employés de services bancaires.

Une recrudescence du phishing et des fraudes en ligne

L’hameçonnage est la principale porte d’entrée des cybercriminels pour voler des informations sensibles. Les techniques classiques restent efficaces, mais les attaquants innovent avec des approches plus élaborées. De faux sites imitant ceux des administrations ou des banques parviennent à tromper des milliers d’utilisateurs chaque jour. L’ampleur du phénomène est telle qu’en un an, les tentatives de phishing ont augmenté de 23 %.

Les services de livraison, les organismes sociaux et les plateformes de streaming sont particulièrement ciblés. Les utilisateurs reçoivent des messages leur indiquant un problème avec leur compte ou une somme à régler d’urgence. Le piège est redoutable, et les conséquences financières sont lourdes. En moyenne, un internaute qui tombe dans le panneau subit une perte de plusieurs centaines d’euros, et certains voient leurs économies partir en fumée après avoir communiqué leurs identifiants bancaires.

Les attaques par SMS et appels frauduleux se développent à grande vitesse. Un nombre croissant d’internautes rapportent avoir reçu des appels d’escrocs se faisant passer pour leur banque ou leur opérateur téléphonique. Plus de 280 000 Français ont vu leurs informations utilisées pour ouvrir des crédits frauduleux ou effectuer des transactions à leur insu.

L’essor des rançongiciels et des vols de données personnelles

Si les ransomwares étaient autrefois un fléau touchant principalement les entreprises, ils ciblent désormais de plus en plus d’internautes. En 2024, 4 % des victimes d’attaques cyber ont vu leurs fichiers personnels chiffrés et rendus inaccessibles, à moins de payer une rançon exigée par les hackers. Cette tendance inquiète les spécialistes, d’autant plus que 80 % des infections proviennent de logiciels piratés ou de fichiers téléchargés depuis des sites douteux.

Les appareils mobiles ne sont pas épargnés. Avec l’explosion des applications non officielles et des téléchargements hors des plateformes sécurisées, les risques d’infection augmentent. Les cybercriminels exploitent ces brèches pour voler des informations sensibles stockées dans les téléphones, qu’il s’agisse de photos, de messages ou d’identifiants bancaires.

Le vol d’identité numérique est devenu une menace courante. Un Français sur cinq a vu l’un de ses comptes piraté en 2024. Réseaux sociaux, services bancaires, plateformes de jeux vidéo, aucun espace numérique n’est épargné.

Les cybercriminels ne se contentent plus de voler des mots de passe, ils utilisent aussi des techniques avancées d’espionnage numérique. Plus d’un tiers des internautes ont déjà été victimes d’une fuite de données personnelles, souvent à la suite d’une faille de sécurité d’un site sur lequel ils étaient inscrits. Une simple connexion à un Wi-Fi public peut désormais suffire pour qu’un attaquant intercepte des identifiants et accède aux comptes d’un utilisateur. Malgré les alertes répétées des experts en cybersécurité, 20 % des internautes continuent d’utiliser des connexions non sécurisées pour des transactions sensibles.

Laisser un commentaire