La Nuit du Bien Commun attaquée par des manifestants: Défendre la liberté d’expression… sauf pour ceux qui n’ont pas les mêmes opinions

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Le jeudi 4 décembre 2025, la neuvième Nuit du Bien Commun se tenait aux Folies Bergère, paisible gala caritatif destiné à financer des associations sociales. Mais autour du théâtre, des groupes vêtus de noir, cagoules serrées et drapeaux en bandoulière, ont estimé que la démocratie serait mieux défendue en empêchant les citoyens d’entrer. Bousculades, insultes, gaz lacrymogènes, intervention des CRS : la liberté d’expression revue par ceux qui veulent la protéger… des autres.

La scène avait tout d’une comédie politique, mais jouée au premier degré. D’un côté, des centaines de participants venus soutenir des associations d’aide aux familles, d’éducation ou d’insertion. De l’autre, des groupes militants décidés à transformer la rue Cadet en zone de quarantaine idéologique. Leur conviction tenait en une équation simple comme un tract : puisque Pierre-Édouard Stérin, mécène de la soirée, se revendique de droite conservatrice, toute personne pénétrant les Folies Bergère devenait un suspect potentiel. La démocratie devait donc être protégée… contre le danger fasciste. On connaissait le contrôle des billets ; on découvre le contrôle des opinions. Rapidement, les “vigiles de la vertu” ont bouclé les accès. Noirs de la tête aux pieds, visages masqués, banderoles tendues en bouclier : une mise en scène rappelant davantage un congrès de black blocs qu’un comité de défense du pluralisme. Les spectateurs ont découvert, médusés, que l’entrée à un gala caritatif se méritait désormais : avoir une place ne suffisait pas, il fallait aussi présenter un certificat de compatibilité politique. Certains parents, surpris par la cohue, ont dû contourner le dispositif improvisé ; d’autres ont été pris à partie, accusés d’alimenter une menace fantasmée. Il semble qu’en 2025, le fascisme se mesure à l’envie d’écouter des associations parler de soutien scolaire. L’ironie, c’est que la situation s’est durcie précisément au moment où les manifestants accusaient l’événement de représenter une “violence politique” imminente. Pour prévenir cette menace hypothétique, ils ont choisi une méthode éprouvée : créer une menace réelle. Cris, poussées, jets de projectiles : les militants ont offert une démonstration convaincante de ce que devient la démocratie quand elle se confond avec l’entre-soi militant. Des familles coincées contre les façades, des bénévoles empêchés d’accéder au théâtre, et un final théâtral : les CRS appelés pour dégager les accès à coups de lacrymogènes. On ne peut pas dire que la soirée manquait d’ambiance. Les slogans hurlaient à la “défense de la démocratie”. C’était le cœur du paradoxe : défendre la liberté d’expression en empêchant physiquement des citoyens de s’exprimer. Protéger le débat public en supprimant la possibilité même d’en tenir un. Couper court à la supposée montée du totalitarisme… en adoptant exactement les méthodes que l’on prétendait conjurer. Le tout au nom d’un danger présenté comme absolu, quoique assez flou : un gala caritatif financé par un homme de droite. À ce rythme, on finira par considérer que la tyrannie commence avec une tombola solidaire.

La soirée aura finalement offert une démonstration magistrale, involontaire, mais magistrale, de ce qu’est le vrai risque pour la démocratie : non pas les opinions divergentes fussent-elles conservatrices, mais la tentation de réserver la liberté à ceux qui pensent convenablement, c’est à dire à l’extrême gauche. Jeudi soir, aux Folies Bergère, des manifestants ont prétendu sauver la démocratie des griffes d’un ennemi imaginaire. Et, ce faisant, ils ont donné à voir la seule chose qui ressemblait vraiment à une dérive autoritaire : l’idée que certains n’auraient plus le droit de participer à la vie publique parce qu’ils pensent autrement. Une soirée dédiée au Bien Commun perturbée au nom du Bien Supérieur : voilà peut-être la morale de l’histoire. Quand chacun revendique le monopole de la démocratie, il ne reste plus grand-chose de démocratique. Et la liberté d’expression, elle, s’est retrouvée comme beaucoup ce soir-là : bloquée devant la porte.

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