Publié début février 2026, le bilan annuel des Douanes confirme une nouvelle réduction du déficit commercial français en 2025. Le solde des échanges de biens s’établit à 69,2 milliards d’euros, marquant une amélioration notable mais laissant intacte la question centrale de la compétitivité de la France dans le commerce mondial.
Une amélioration dans un contexte international tendu
Le déficit commercial français recule en 2025 pour la troisième année consécutive. Selon les données de la Direction générale des douanes et droits indirects, le solde des échanges de biens atteint –69,2 milliards d’euros, soit près de 10 milliards d’euros de mieux qu’en 2024. Cette évolution intervient pourtant dans un contexte marqué par des tensions commerciales persistantes et par un durcissement des droits de douane sur plusieurs marchés stratégiques.
Toutefois, cette amélioration du déficit commercial ne résulte pas d’un choc structurel majeur. Elle s’explique d’abord par une progression des exportations, en hausse de 2,5 % sur un an, alors que les importations n’augmentent que de 0,7 %, selon les Douanes françaises. Autrement dit, la France exporte davantage tout en maîtrisant la croissance de ses achats à l’étranger, un facteur déterminant dans la réduction mécanique du déficit commercial.
Dans le même temps, le contexte international pèse sur les échanges. La multiplication des barrières tarifaires, notamment aux États-Unis, a freiné certaines filières exportatrices. Malgré cela, les exportations françaises vers le marché américain ont globalement mieux résisté que celles d’autres partenaires européens, selon les chiffres communiqués par les Douanes et repris par plusieurs médias économiques début février 2026.
L’énergie, un facteur clé dans le déficit commercial
La baisse de la facture énergétique constitue l’un des principaux moteurs de la réduction du déficit commercial en 2025. Après les niveaux records atteints en 2022, lorsque le déficit avait culminé à 161,7 milliards d’euros, la normalisation progressive des prix de l’énergie a mécaniquement allégé le poids des importations énergétiques dans la balance commerciale française.
Selon les données officielles, cette amélioration énergétique explique une part significative du redressement observé. Moins dépendante des importations coûteuses de gaz et de pétrole qu’au pic de la crise énergétique, la France voit son déficit commercial se contracter sans que la structure de ses exportations industrielles n’ait fondamentalement changé.
Cependant, cette dynamique reste fragile. D’une part, la dépendance énergétique demeure élevée à long terme. D’autre part, une remontée durable des prix de l’énergie pourrait rapidement inverser la tendance. En ce sens, la réduction actuelle du déficit commercial apparaît davantage comme le résultat d’un contexte de prix favorable que comme celui d’une transformation profonde de l’appareil productif français.
Les comparaisons historiques le confirment. En 2019, avant la pandémie, le déficit commercial de la France s’élevait à environ 58 milliards d’euros. Le niveau atteint en 2025 reste donc supérieur à celui observé avant les grandes crises successives, ce qui souligne le caractère encore incomplet du redressement.
Des déséquilibres sectoriels toujours marqués
Derrière la baisse globale du déficit commercial, les disparités sectorielles demeurent importantes. Certains secteurs continuent de soutenir les exportations françaises, à commencer par l’aéronautique, régulièrement citée comme l’un des principaux contributeurs positifs à la balance commerciale. À l’inverse, d’autres filières, notamment l’agroalimentaire, suscitent des inquiétudes croissantes.
La contribution négative de l’agriculture et de l’agroalimentaire s’accentue, en raison notamment de la hausse des coûts de production et d’une concurrence internationale plus agressive. Cette évolution pèse sur la capacité de la France à réduire durablement son déficit commercial, en particulier sur les produits à forte valeur ajoutée.
Sur le plan politique, le gouvernement met en avant la résilience du commerce extérieur français dans un environnement international plus fragmenté. « Dans un monde commercial plus fragmenté et plus exigeant, la France démontre sa capacité à tenir le cap », a déclaré Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur.












