Dépassements d’honoraires : 4,3 milliards d’euros en 2024

En 2024, les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes en France ont franchi la barre des 4,3 milliards d’euros, marquant une accélération notable depuis cinq ans. Cette tendance soulève des questions sur l’accès aux soins et les inégalités sociales, incitant le gouvernement à envisager des mesures de régulation ciblées.

Publié le
Lecture : 2 min
Dépassements d'honoraires : 4,3 milliards d'euros en 2024
Dépassements d’honoraires : 4,3 milliards d’euros en 2024 © www.nlto.fr

Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) a révélé dans un rapport que les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes ont atteint 4,3 milliards d’euros en 2024, soit une augmentation de 5 % par an depuis 2019, hors inflation. Cette hausse est attribuée à la croissance du nombre de praticiens exerçant en secteur 2, autorisant une liberté tarifaire. En 2024, 56 % des spécialistes étaient en secteur 2, contre 37 % en 2000, et trois quarts des jeunes médecins choisissent désormais ce secteur.

Une dynamique financière et géographique

Les dépassements d’honoraires constituent désormais plus du tiers des revenus professionnels pour certaines spécialités, avec de fortes disparités selon les domaines d’activité. Le rapport HCAAM précise que « les dépassements représentent une part plus importante des revenus dans certaines spécialités dont les revenus sont plus faibles en moyenne, alors qu’ils tiennent une place bien moindre dans les spécialités techniques et intensives en capital ».

Cette possibilité d’appliquer des dépassements élevés permet aux médecins de réduire leur volume de travail et de s’installer dans des zones métropolitaines aisées. Le rapport souligne que « la part de spécialistes en secteur 2 est nettement plus élevée dans les zones métropolitaines à niveau de vie élevé ». Ainsi, la géographie et les revenus des patients influencent directement les choix d’installation et les montants des honoraires.

Impact sur les patients et le reste à charge

La généralisation du non conventionné chez les spécialistes entraîne mécaniquement une augmentation du reste à charge pour les patients. Pour une intervention de prothèse totale de la hanche, près de la moitié des patients paient des dépassements, à hauteur de 630 euros en moyenne et plus de 1 000 euros dans 10 % des cas. Sur l’ensemble de l’épisode de soins, près de 80 % des patients subissent au moins un dépassement, portant le montant moyen à 700 euros et à plus de 1 400 euros pour 10 % des patients, relève BFMTV.

Bien que les complémentaires santé prennent en charge environ 40 % de ces dépassements, ceux-ci représentent encore 14 % du reste à charge des ménages. Les protections destinées aux ménages modestes via la complémentaire santé solidaire (C2S) sont limitées, car certains praticiens facturent malgré tout ces dépassements.

Inégalités et régulation

Les dépassements d’honoraires contribuent à creuser les inégalités territoriales. Le rapport du HCAAM indique que « les dépassements d’honoraires aggravent les inégalités dans la répartition des spécialistes », avec une concentration accrue dans les zones à niveau de vie élevé.

Face à cette situation, le gouvernement réfléchit à des mesures de régulation ciblée. Des propositions visent à limiter la régulation territoriale aux médecins pratiquant des dépassements d’honoraires, afin de mieux contrôler l’installation dans les zones fragiles et lutter contre les déserts médicaux.

Laisser un commentaire