Un accord historique, des chiffres astronomiques… et une levée de boucliers immédiate. Le nouveau deal douanier entre l’Union européenne et les États-Unis passe mal à Paris. Surtout chez François Bayrou.
Douane à 15 % : Trump impose ses règles,“un jour sombre” selon Bayrou
L’accord a été signé dimanche 27 juillet 2025 en Écosse. Et il est massif. L’Union européenne et les États-Unis ont acté de nouveaux droits de douane à 15 % sur la majorité des exportations européennes vers le marché américain. Certains secteurs, comme l’aéronautique, seront exemptés, mais le reste paiera.
Pourquoi Bruxelles a accepté ? Parce que Donald Trump menaçait d’appliquer 30 % de droits dès le 1er août 2025. L’Union a donc négocié pour limiter la casse. Mais elle a dû s’engager à acheter pour 750 milliards d’euros d’hydrocarbures américains, et à investir 600 milliards en infrastructure et industrie aux États-Unis. Un compromis… très coûteux.
C’est François Bayrou qui a mis le feu aux poudres ce lundi matin, via un message posté sur X (ex-Twitter). Le Premier ministre parle d’un “jour sombre” où l’Europe, pourtant “alliance de peuples libres”, aurait accepté “la soumission”.
Les ministres Laurent Saint-Martin (Commerce extérieur) et Marc Ferracci (Industrie) ont eux aussi critiqué l’accord, parlant de “déséquilibre”. En clair : les Européens lâchent trop sur les biens, et ne gagnent rien sur les services, notamment le numérique, où les États-Unis affichent un excédent commercial structurel.
L’opposition dénonce une capitulation économique
Du côté des oppositions, le ton est encore plus direct. Marine Le Pen dénonce une “capitulation en rase campagne” : “Des centaines de milliards d’euros de gaz et d’armements devront être importés chaque année depuis les États-Unis”, critique-t-elle, y voyant un “fiasco économique, politique et moral”.
Jean-Luc Mélenchon parle lui de “blague libérale”. Il fustige des obligations d’achats et une “taxe équivalente à 5 % du PIB”. Pour lui, la seule alternative reste le “non-alignement”.
Même son de cloche chez les socialistes. Pierre Jouvet, eurodéputé PS, parle de “vassalisation économique” et reproche à Ursula von der Leyen d’avoir sacrifié les intérêts européens en échange d’un accord jugé inégal.
Bruxelles parle de victoire diplomatique. Trump de “plus grand accord commercial jamais signé”. À Paris, personne ne semble convaincu. Et les chiffres ne suffisent pas à faire oublier la perception d’un deal déséquilibré, arraché sous menace tarifaire.
En toile de fond, une question hante les couloirs de Bercy : l’Union européenne a-t-elle encore les moyens de ses ambitions commerciales ?







