Emmanuel Macron et François Bayrou ne convainquent plus personne

Un rejet record touche le sommet de l’État. Le duo Macron-Bayrou atteint des niveaux d’impopularité inédits, symptôme d’un pouvoir figé, incapable d’agir ni de convaincre.

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Macron Bayrou Ne Convainquent Plus Personne
Emmanuel Macron et François Bayrou ne convainquent plus personne © www.nlto.fr

Le 21 juillet 2025, les résultats du baromètre mensuel IFOP pour Le Journal du Dimanche ont sonné comme un verdict sans appel : Emmanuel Macron et François Bayrou forment le couple exécutif le plus impopulaire de la Ve République. Un fait inédit, qui dépasse les clivages partisans et illustre une déconnexion profonde avec les attentes des Français. Chez les professions supérieures comme dans les classes moyennes, la confiance s’est effondrée. Pour beaucoup, le pouvoir ne gouverne plus : il s’accroche.

Le tandem Macron-Bayrou au plus bas dans les sondages

Jamais un président de la République et un Premier ministre n’avaient été si bas simultanément. Emmanuel Macron ne rassemble plus que 19 % d’opinions favorables, François Bayrou 18 % (IFOP, 17/07/2025). Un total de 37 %, bien en dessous des seuils atteints par Hollande-Valls ou Chirac-Jospin, même en période de crise. Au reste, additionner les scores de chacun n’a pas grand intérêt, car il est probable que les Français ayant une bonne opinion de l’un ou de l’autre soient les mêmes.

La baisse touche tous les milieux. Les CSP+, traditionnellement plus favorables à la stabilité, désertent en masse : -8 points chez les cadres supérieurs, -18 points chez les dirigeants d’entreprise. La désaffection est aussi marquée chez les professions libérales et les enseignants, pourtant jadis socles de l’électorat macroniste.

Un pouvoir jugé inerte par son propre électorat

Ce rejet ne tient pas à un événement ponctuel. Il s’enracine dans la conviction que l’exécutif a perdu sa capacité d’action. Emmanuel Macron, fragilisé par l’absence de majorité, navigue à vue. Les grands chantiers sont suspendus, les arbitrages repoussés, les annonces vidées de substance. L’initiative politique semble désormais réservée aux oppositions, pendant que l’Élysée multiplie les déplacements symboliques sans impact réel.

François Bayrou, de son côté, est perçu comme un chef de gouvernement par défaut. Sa gestion est jugée flottante, sans colonne vertébrale. Ses dernières propositions (suppression du lundi de Pâques, monétisation de congés payés) ont davantage suscité le sarcasme que le débat. Le Premier ministre semble chercher l’apaisement, mais récolte l’indifférence, voire la défiance ou le rejet.

La fracture avec les milieux décisionnels s’élargit

Pour les milieux économiques, cette paralysie inquiète. Le déficit public dépasse désormais les 6,2 % du PIB (INSEE, juin 2025), sans plan de redressement clair. La dépense publique demeure rigide, les réformes fiscales sont en suspens, et aucune trajectoire de réduction de la dette n’est crédible à ce stade.

Nombre de décideurs pointent aussi la déconnexion croissante entre le discours gouvernemental et la réalité de terrain. Le pilotage par indicateurs, jugé technocratique, ne convainc plus. Les fédérations professionnelles réclament des mesures structurelles, mais se heurtent à une inertie administrative persistante. Dans ce contexte, la défiance devient systémique.

Une image d’élite fermée, coupée du pays réel

Le tandem d’Emmanuel Macron et François Bayrou cristallise un sentiment de fermeture du pouvoir. Recrutements issus de cercles restreints, nominations entre anciens compagnons politiques, maintien des avantages symboliques de la haute fonction publique : tout concourt à nourrir un imaginaire d’oligarchie à la française. Une critique que les classes moyennes et supérieures, confrontées à la pression fiscale et à l’instabilité réglementaire, reprennent à leur compte.

Faut-il en conclure à une fin de règne imminente ? Elle impliquerait qu’Emmanuel Macron et François Bayrou prennent acte de leur incapacité à répondre aux besoins des Français et démissionnent. Un comportement assez rare dans le paysage politique français. En attendant, cette double impopularité affaiblit considérablement la capacité du gouvernement à porter les réformes nécessaires. Il n’est cependant pas certain que ce même gouvernement veuille mener ces réformes. En attendant, la France se trouve aux prises avec un gouvernement sans courage politique, qui craint chaque jour une grève, un soulèvement, une émeute qui pourrait être celle de trop.

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