Emploi et industrie : la CGT met la pression sur l’action du gouvernement

La CGT publie une nouvelle alerte nationale : 483 plans de suppressions de postes sont désormais actifs en France, menaçant plus de 300 000 emplois. Au-delà du constat social, cette mise à jour ravive le débat politique sur la stratégie industrielle, le rôle de l’État et l’efficacité des politiques de l’emploi.

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France : plus de 700.000 emplois détruits au premier semestre 2020
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Le 9 décembre 2025, la CGT a rendu public un bilan qui rebat les cartes du débat sur l’emploi en France. Avec un volume inédit de plans sociaux et une extension continue du phénomène depuis septembre 2023, la question des responsabilités politiques et économiques s’impose au cœur de l’actualité nationale. Dans un contexte de ralentissement industriel et de tensions budgétaires, les arbitrages gouvernementaux se trouvent exposés à une critique renouvelée.

Plans sociaux : Un bilan social qui devient un dossier éminemment politique

Les chiffres publiés par la CGT structurent aujourd’hui une partie du débat public. Selon AEF info, le syndicat recense 483 plans de suppressions de postes en cours, soit une augmentation significative par rapport aux 381 plans comptabilisés en mai 2025. L’impact potentiel atteint 304 639 emplois menacés, un volume qui renforce la dimension politique du dossier. La secrétaire générale de la CGT dénonce une inertie gouvernementale : « Aucune mesure n’a été prise par les quatre Premiers ministres qui se sont succédé », affirme Sophie Binet.

Les données consolidées par Ouest-France soulignent un phénomène massif dans l’industrie, avec 364 sites industriels concernés et 107 562 emplois directs menacés, dont 46 560 dans l’industrie. Ces chiffres nourrissent un débat politique structuré autour de la désindustrialisation, des aides publiques et de la compétitivité. Pour la CGT, ces suppressions seraient même sous-estimées, certains plans de restructuration n’étant pas rendus publics bien qu’identifiés par l’État.

Une désindustrialisation qui interroge directement l’action de l’État

La trajectoire historique des plans sociaux esquissée par La Tribune fait émerger une responsabilité politique diffuse mais persistante : 130 plans en mai 2024, 180 en septembre 2024, 250 en janvier 2025, 400 à l’automne 2025, avant d’atteindre 483 plans en décembre. Cette progression régulière met en lumière une absence de frein structurel, malgré l’alternance des gouvernements et les annonces successives sur la réindustrialisation du pays. Selon La Tribune, les fermetures d’usines sont aujourd’hui plus nombreuses que les implantations, un signal politique fort qui vient contredire plusieurs discours officiels sur la « reconquête industrielle ».

Ce débat se nourrit également d’une donnée budgétaire : la Cour des comptes rappelle que les dispositifs de soutien aux entreprises industrielles ont représenté 21,7 milliards d’euros par an entre 2012 et 2019, puis 34,8 milliards d’euros entre 2020 et 2022. Pourtant, les effets sur l’emploi restent « peu concluants ». Ce constat relance une interrogation centrale : comment orienter correctement l’investissement public pour garantir un modèle industriel capable de préserver les postes ? Pour la CGT, la réponse est claire. Sophie Binet affirme que la politique industrielle actuelle s’apparente à une « politique de l’offre avec la stratégie du chèque en blanc », estimant que « les multinationales vont, elles, très bien ».

Pression accrue sur les territoires : un débat national ancré localement

Le bilan territorial apporte une dimension politique supplémentaire. RCA La Radio recense 22 000 emplois supprimés ou menacés dans la métallurgie, et cite des dossiers emblématiques comme ArcelorMittal (600 suppressions) ou Novasco (550 suppressions). Chaque situation locale devient un révélateur des fragilités du modèle industriel français, mais aussi un enjeu de crédibilité pour les responsables publics. Lorsque la CGT évoque « des familles brisées et des territoires dévastés » (RCA), elle replace l’emploi au cœur des débats sur la cohésion nationale et la stratégie économique de long terme.

Ces restructurations créent une pression permanente sur le dialogue social. Ouest-France rapporte cette phrase de Sophie Binet : « Les salariés sont toujours des passagers clandestins dans ces procédures, alors que ce sont eux qui portent le made in France. »

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