À chaque élection présidentielle, la France cherche son homme providentiel. Celui qui saurait résoudre les blocages économiques, réconcilier les Français et remettre le pays sur la voie de la prospérité. Et si, finalement, cet homme providentiel existait déjà ? Et si la solution au redressement national se trouvait dans le programme radicalement novateur de Jean-Luc Mélenchon ?
Réconcilier les Français grâce à une méthode simple : trouver un ennemi commun
La France est un pays fracturé. Les Français se disputent sur tout : les retraites, les impôts, l’immigration, l’école, la sécurité, la laïcité, la réforme de l’assurance chômage et même parfois sur la cuisson des pâtes. Comment réconcilier un peuple aussi divisé ? La solution est en réalité très simple et relève presque de la psychologie sociale la plus élémentaire : désigner des adversaires communs. D’abord les riches. Rien de tel qu’une bonne mobilisation nationale contre ceux qui gagnent plus de 4 000 euros par mois pour ressouder la nation. Dans cette nouvelle sociologie patriotique, le cadre supérieur, le chirurgien, l’entrepreneur et parfois même le pharmacien de quartier deviennent les piliers d’une oligarchie dont il faudra naturellement corriger les excès à coups de prélèvements vertueux. Mais la méthode ne s’arrête pas là. Pour souder durablement la population, il faut aussi un adversaire politique. Là encore, la définition est d’une grande efficacité : les fascistes. Une catégorie extrêmement pratique puisqu’elle commence au Parti socialiste et s’étend jusqu’au Rassemblement national, ce qui permet de rassembler presque toute la vie politique française dans un même camp du mal. Les socialistes refusent nos solutions et veulent l’ultra libéralisme. Ils sont prêts à s’allier avec le centre qui lui même est prêt à s’allier avec la droite, qui elle, accepte les voix d’extreme droite. Par transitivité les socialistes sont soutenus par l’extrême droite. Ce sont donc bien des fascistes. Même France Info le dit. Grâce à cette méthode inclusive, le pays pourra enfin retrouver l’unité nationale : tous ensemble contre les riches et contre les fascistes.
Relancer l’économie en travaillant moins et en taxant davantage
Depuis des siècles, les économistes s’obstinent à croire que la prospérité repose sur la production, le travail et l’investissement. Une vision visiblement dépassée. La véritable modernité consiste à faire exactement l’inverse. La semaine de 32 heures constitue ainsi l’une des grandes innovations de ce projet économique. L’idée est lumineuse : si les Français travaillent moins, ils seront plus heureux ; s’ils sont plus heureux, ils travailleront mieux ; et s’ils travaillent mieux, l’économie produira davantage. Une sorte de cercle vertueux fondé sur la joie nationale. Bien entendu, cette transformation devra s’accompagner d’une fiscalité courageuse. Les riches, c’est-à-dire toute famille gagnant plus de 4000 euros ,seront invités à participer généreusement au financement de la solidarité nationale. Des prélèvements massifs permettront d’alimenter un État stratège, planificateur et redistributeur. Certains esprits pessimistes évoquent parfois la fuite des capitaux ou l’exil fiscal. Mais ils oublient un point essentiel : qui voudrait quitter un pays où l’on travaille moins, où l’État s’occupe de tout et où la justice sociale est proclamée chaque matin ? Et puis s’ils veulent partir ce sera interdit. Si ces sociaux traitres qui ne veulent pas partager refusent encore on les mettra en prison. Ce sera bien la preuve que les riches sont égoïstes et des tricheurs toujours prêts à frauder le fisc.
Pacifier le monde grâce à une diplomatie audacieuse
Mais le génie réformateur ne s’arrête pas aux frontières de l’économie. Il s’étend naturellement à la politique internationale. Là encore, la vision est d’une grande simplicité. Le Moyen-Orient est une région compliquée depuis des décennies. Les diplomates du monde entier cherchent des solutions sans jamais parvenir à un accord durable. Pourquoi ne pas adopter une approche plus directe ? L’idée serait finalement assez simple : faire disparaître Israël pour créer une grande Palestine. Une solution radicale, certes, mais qui aurait l’avantage de régler immédiatement la question territoriale. Dans cette vision diplomatique renouvelée, les conflits internationaux pourraient être résolus par des décisions claires, rapides et audacieuses, loin des interminables négociations et des subtilités du droit international. La France deviendrait alors le laboratoire d’une nouvelle géopolitique fondée sur l’efficacité morale et la clarté idéologique.
Ainsi se dessine peut-être la grande stratégie du redressement national. Réconcilier les Français en désignant des adversaires communs, relancer l’économie en travaillant moins et en taxant davantage, et pacifier le monde grâce à des solutions diplomatiques aussi simples que définitives. À bien y réfléchir, la France tient peut-être enfin sa recette miracle. Et si l’homme providentiel était simplement celui qui promet de résoudre les problèmes les plus complexes avec les idées les plus simples ?








