La fin de la trêve hivernale des coupures d’énergie approche, et avec elle, une réalité inquiétante pour des centaines de milliers de foyers en difficulté. Le médiateur national de l’énergie vient de publier son bilan des interventions pour impayés en 2024, révélant une quatrième année consécutive de hausse.
Les interventions pour factures impayées explosent
Plus de 1,2 million d’opérations ont été menées à la demande des fournisseurs d’électricité et de gaz, un chiffre en augmentation de 24 % par rapport à 2023. Une tendance qui traduit une détérioration des conditions de vie de nombreux ménages face à l’augmentation des coûts de l’énergie.
L’électricité reste le premier poste de sanction financière pour les foyers en difficulté. L’an dernier, 937 000 réductions de puissance ont été effectuées, contraignant des familles à vivre avec un accès limité à l’électricité. Dans le même temps, 203 767 coupures totales d’électricité ont été enregistrées, une mesure qui plonge immédiatement les foyers concernés dans une situation critique. Du côté du gaz, 105 176 coupures ont été recensées, confirmant que cette précarité ne se limite pas aux seuls abonnés électriques.
Les Français inquiets pour leurs factures d’énergie
Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Selon le baromètre du médiateur national de l’énergie publié en novembre dernier, 85 % des Français se déclarent préoccupés par le montant de leurs factures. Devant cette pression financière, 75 % des ménages déclarent avoir baissé leur chauffage pour réduire leurs dépenses, et 30 % affirment avoir souffert du froid dans leur logement. Ce constat n’est pas anodin : ces restrictions volontaires ne suffisent pas à empêcher une explosion des dettes énergétiques, forçant les fournisseurs à intensifier les interventions pour impayés. Une réalité qui touche particulièrement les ménages les plus précaires, notamment ceux vivant dans des logements mal isolés. En France, plus de 5,8 millions de logements sont classés F ou G en performance énergétique, les rendant extrêmement coûteux à chauffer.
Dans ce contexte, Olivier Challan Belval, médiateur national de l’énergie, tire la sonnette d’alarme. Il réclame un retour à un mécanisme d’attribution entièrement automatique du chèque énergie, supprimé en 2024, afin que les foyers éligibles ne passent pas à côté de cette aide. Il demande également que les coupures d’électricité pour impayés soient interdites, considérant l’électricité comme un bien de première nécessité. À ses yeux, un accès minimal garanti toute l’année permettrait d’éviter que des familles ne se retrouvent totalement privées d’énergie.












