Les hivers se font plus courts, la neige se fait désirer et les stations de ski françaises sont de plus en plus confrontées à une situation économique et climatique qui inquiète vraiment. Le tourisme en montagne vit des moments difficiles, avec des défis climatiques jamais vus qui remettent en question sa pérennité. La décision prise par la commune d’Allos, dans les Alpes-de-Haute-Provence, en est un bel exemple et pourrait bien inspirer d’autres stations en difficulté.
Fermeture du Val d’Allos-Le Seignus
Le 28 juin 2025, la commune d’Allos, perchée à 1 400 mètres d’altitude, a décidé de fermer sa station de ski, le Val d’Allos-Le Seignus. Le vote s’est soldé par un résultat très serré de 50,1 % en faveur de cette décision, marquant ainsi la fin du ski alpin dans la région. Ce choix, mûrement réfléchi, est le résultat de problèmes économiques et climatiques qui pèsent lourdement sur l’avenir de la station.
En effet, la station affrontait un déficit structurel d’environ 700 000 euros pour l’année 2024-2025. Parallèlement, la baisse quasi permanente de la neige et l’incertitude sur l’enneigement futur ont contraint les responsables à choisir entre augmenter drastiquement les impôts locaux ou fermer la station. Ici, une augmentation de 35 % des impôts n’était pas envisageable pour les habitants, et la fermeture est apparue comme la seule solution possible.
Défis climatiques pour le secteur du ski
Le réchauffement change la donne pour de nombreuses stations, surtout celles situées en dessous de 1 800 mètres. Pour ces stations, on estime qu’elles pourraient voir leur enneigement naturel diminuer de 60 % d’ici 2100. Aujourd’hui, le nombre de jours skiables y passe de 132 à seulement 52 jours par an. Même les stations plus élevées en subissent les conséquences, passant de 170 jours d’enneigement dans les années 1980 à seulement 121 jours actuellement, malgré certaines chutes de neige exceptionnelles ailleurs.
Ces chiffres montrent bien que s’appuyer sur la neige artificielle et des saisons hivernales stables ne fonctionnent plus comme avant. Les petites stations familiales, comme Allos, sont particulièrement vulnérables, un peu comme le démontre la récente fermeture du Grand Puy. Ainsi, le tourisme rural et les territoires aux ressources économiques fragiles se retrouvent en difficulté.
Réinventer les stations
Face à ces bouleversements, Allos a décidé de prendre son destin en main en planifiant une stratégie sur dix ans pour diversifier ses activités touristiques. La municipalité veut miser sur des activités variées comme la randonnée, le VTT ou encore les sorties en raquettes, afin d’attirer les visiteurs toute l’année. Toutefois, cette reconversion demande des investissements financiers importants, et l’État n’a pas encore défini précisément les aides qui pourraient être allouées.
Cette transformation va inévitablement modifier l’emploi saisonnier local ainsi que le commerce et l’hébergement, qui dépendent beaucoup du tourisme hivernal. Pourtant, il n’y a pas d’autre alternative si l’on veut donner un avenir durable aux régions concernées.
Les retombées du vote à Allos
Le choix audacieux d’Allos pourrait bien motiver d’autres stations confrontées à des dilemmes similaires, tant sur le plan économique qu’environnemental, en misant sur le tourisme de proximité. Il soulève aussi des interrogations sur le bien-fondé d’investir dans des solutions coûteuses comme les canons à neige quand le modèle pratiqué montre clairement ses limites.
Michel Lantelme, le maire d’Allos, a d’ailleurs expliqué que malgré tous les efforts, « la concertation n’a donné qu’une ‘feuille de route’ ». Prioriser certaines stations pour assurer leur survie devient presque inévitable face aux changements climatiques qui modifient profondément les conditions de pratique du ski.
L’exemple d’Allos rappelle qu’il faut repenser notre manière de profiter de la montagne, afin de préserver nos paysages alpins et préparer un avenir où le tourisme devra s’adapter à de nouvelles réalités environnementales.













Bonjour, arretez completement ce genre de propagande, qui est completement fausse, la station du seignus ne va pas fermer et ne fermera pas dans les dix annees a venir , merci de bien vouloir se renseigner auprès des personnes competentes. Ce n est pas un vote, c est une concertation, et celle-ci n est en aucun cas representative des locaux ́ni des saisonniers qui y viennent. La station du seignus sera bien ouverte pour la saison 2025-2026.
Il est temps de regarder les choses en face, les stations de basse altitude seront les premières à devoir se « réinventer » avec du 4 saisons.
Plus vite, le changement s’opérera et mieux la transition se fera.
La créativité pour trouver de nouvelles activités en harmonie et dans le respect de la nature et du vivant est à l’honneur !
Le changement de paradigme, on y est. La croissance dans un monde fini a atteint ses limites. merci à l’or blanc qui s’épuise en basse altitude…