Le débat sur la sécurité des ascenseurs a pris une tournure nationale. La Fédération des ascenseurs alerte sur une menace imminente : la coupure progressive des réseaux 2G et 3G rendra inopérants de nombreux systèmes d’appel d’urgence. Environ 230 000 appareils seraient directement concernés en France. Le calendrier serré, la complexité technique et le coût des solutions créent une équation délicate pour les gestionnaires de copropriété, alors même que la sécurité des passagers est en jeu.
Pourquoi l’arrêt de la 2G fragilise la sécurité des ascenseurs
Les téléalarmes intégrées aux cabines ont été conçues pour répondre à une exigence réglementaire : chaque ascenseur doit permettre à un usager bloqué de contacter un service d’assistance 24 heures sur 24. Depuis les années 2000, beaucoup de ces dispositifs s’appuient sur la technologie 2G, parfois 3G, pour transmettre un appel. Tant que le réseau est disponible, l’équipement fonctionne. Mais à partir de septembre 2026, la 2G sera progressivement désactivée en France, avec une extinction totale prévue en décembre.
Dès lors, la menace est claire : le jour où l’opérateur coupera le signal, l’appel d’urgence restera sans réponse. « Il [ne] se passera plus rien » a averti Alain Meslier, président de la Fédération des ascenseurs, dans une déclaration relayée par le Huffington Post. Plus de 230 000 ascenseurs reposent encore sur cette technologie, sur un parc total de 650 000, dont 60 % desservent des logements.
Pas seulement les ascenseurs sont touchés par la fin de la 2G
La fédération alerte : « moins d’un an » reste pour organiser le basculement des installations, un délai qualifié de « très, très, très, très contraint » par les professionnels, selon Europe 1. Or, le remplacement d’un système d’alarme ne se fait pas en un jour : il exige une étude technique, une commande auprès des fournisseurs et l’intervention d’ascensoristes déjà très sollicités. Le risque est donc de voir des milliers de cabines privées de téléalarme en état de marche dès 2026.
L’ampleur du problème dépasse le seul secteur de l’ascenseur. Selon Le Monde du 30 octobre 2024, la fin des réseaux 2G et 3G menace 7,8 millions de dispositifs connectés en France, dont 4 millions exclusivement en 2G. Outre les ascenseurs, les téléalarmes pour personnes âgées et les systèmes d’alarme domestiques sont concernés. Le problème prend donc une dimension nationale, avec des implications sociales et économiques majeures.
Les conséquences financières sont tout aussi lourdes. Le surcoût d’abonnement annuel, déjà constaté dans plusieurs copropriétés, multiplié par des centaines de milliers d’appareils, représente plusieurs centaines de millions d’euros à l’échelle nationale, selon les estimations relayées par Europe 1.
Enfin, au-delà des chiffres, la problématique touche à la confiance des usagers. La cabine d’ascenseur est perçue comme un espace sécurisé, équipé pour répondre aux situations d’urgence. Si les téléalarmes deviennent inactives, c’est la crédibilité même du dispositif qui s’effondre.












