En janvier 2026, l’Insee a publié une étude détaillant les modes de chauffage des logements en 2022. Selon ces statistiques officielles, le fioul demeure une énergie de chauffage centrale pour une part significative des résidences principales, malgré un recul continu depuis plus de quinze ans.
Fioul : un usage encore massif en 2022
En premier lieu, l’Insee établit qu’en 2022, 2,6 millions de résidences principales utilisent le fioul comme source principale de chauffage. Ainsi, malgré les politiques publiques successives, cette énergie représente encore 8,5 % du parc résidentiel. Toutefois, ce poids recule nettement, puisque le nombre de logements concernés atteignait 4,6 millions en 2006, soit presque le double.
Par ailleurs, le fioul reste moins utilisé que l’électricité ou le gaz. En effet, 36 % des résidences principales sont chauffées à l’électricité, tandis que 35 % le sont au gaz. Néanmoins, même en retrait, le fioul conserve une place singulière dans certaines résidences principales, notamment en raison de contraintes techniques ou économiques. Comme le rappellent Gilles Fidani, Benjamin Méreau et Virginie Mora, auteurs de l’étude, « en 2022, 2,6 millions de résidences principales sont chauffées au fioul, soit près de 9 % d’entre elles ».
Une énergie ancrée dans les territoires
D’une part, la géographie du fioul révèle de fortes disparités. Ainsi, 16,7 % des résidences principales situées en zone rurale utilisent le fioul, contre seulement 3,5 % dans les zones urbaines denses. Cette différence s’explique, selon l’Insee, par la prédominance des maisons individuelles anciennes, souvent éloignées des réseaux de gaz, et par un coût de conversion élevé pour les ménages concernés.
D’autre part, certaines régions concentrent encore un usage significatif du fioul. Dans les Hauts-de-France, par exemple, 196 300 résidences principales, soit 7,5 % du parc régional, sont chauffées au fioul en 2022. Ces chiffres régionaux, publiés par l’Insee en janvier 2026, confirment que la transition énergétique progresse à des rythmes très différents selon les territoires. « Le fioul est surtout présent dans les zones rurales, où l’habitat individuel et ancien domine ».
Des enjeux climatiques persistants
Cependant, au-delà des volumes, l’enjeu environnemental demeure central. Le fioul est responsable d’environ 23 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel. Ainsi, bien que minoritaire en nombre de résidences principales, cette énergie pèse lourdement dans le bilan carbone du logement en France, ce qui renforce la pression réglementaire sur son usage.
Enfin, la baisse du fioul s’explique aussi par les interdictions progressives d’installation de nouvelles chaudières et par la hausse des prix de l’énergie. Toutefois, comme l’analyse Le Monde à partir des chiffres de l’Insee, « le nombre de résidences principales chauffées au fioul a presque été divisé par deux entre 2006 et 2022 », sans pour autant disparaître totalement. Ainsi, malgré les aides et les incitations, des millions de résidences principales restent dépendantes du fioul, illustrant les limites concrètes de la transition énergétique dans l’habitat existant.








