Les Français découvrent une nouvelle hausse de leurs frais bancaires en 2025. Selon la Banque de France, les tarifs progressent en moyenne de +3,1 %, soit trois fois plus que l’inflation. Une évolution qui pèse directement sur le budget des ménages, déjà fragilisé par deux ans d’érosion du pouvoir d’achat.
Des frais bancaires affichent une hausse bien supérieure à l’inflation
Les derniers chiffres publiés par l’Observatoire des tarifs bancaires (OTB), le 7 octobre 2025, confirment une tendance nette : les frais bancaires repartent à la hausse. Entre juin 2024 et juin 2025, les prix des principaux services bancaires ont progressé en moyenne de +3,1 %, selon la Banque de France.
Ce chiffre, issu du rapport annuel de l’OTB, peut sembler modéré. Mais il représente une évolution trois fois supérieure à celle de l’inflation annuelle, évaluée à environ +1 % par l’Insee sur la même période. Le rapport, qui couvre 103 établissements représentant 99 % du marché français, détaille : « 10 des 14 principaux services bancaires affichent une hausse », selon le Comité consultatif du secteur financier cité par TF1 Info. Autrement dit, les ménages voient leurs dépenses bancaires croître plus vite que leurs revenus réels, un effet particulièrement sensible dans un contexte où les prix de l’énergie et de l’alimentation restent élevés.
En moyenne, les frais bancaires ont augmenté de 6,2 % sur deux ans, selon BFMTV. Cette accélération tranche avec la relative stabilité observée entre 2022 et 2023, période durant laquelle les banques avaient limité leurs hausses pour ne pas accentuer la tension inflationniste. « Elles se sont bien rattrapées », résume BFMTV, soulignant que certaines lignes tarifaires ont bondi de jusqu’à 9 % en un an. Sur dix ans, la Banque de France nuance toutefois : les tarifs bancaires ont progressé de +17,6 %, contre +20,8 % pour l’indice des prix à la consommation.
Les frais de tenue de compte, symbole d’une dérive tarifaire
Au cœur de cette hausse : les frais de tenue de compte, devenus le symbole de la progression continue des frais bancaires. Selon BFMTV et le rapport de l’OTB, ils sont passés de 19,99 € au 31 décembre 2024 à 21,78 € au 1er avril 2025, soit une envolée de +8,95 %.
Ces frais, longtemps marginaux ou inexistants, sont aujourd’hui quasi généralisés. En 2025, plus de 90 % des établissements les facturent, pour un montant moyen de 36,42 € par an, d’après le comparateur MoneyVox. Ils constituent ainsi un poste de dépense devenu inévitable pour la majorité des clients. Selon la Banque de France, la moitié des établissements ont maintenu leurs tarifs inchangés, tandis que l’autre moitié les a augmentés, avec des hausses allant de 0,48 € à 24 € par an.
La Fédération bancaire française (FBF) justifie cette évolution par « l’augmentation des coûts liés aux systèmes d’information et au capital humain », selon une déclaration relayée par TF1 Info. Mais pour les ménages, cette justification ne suffit pas toujours à apaiser la frustration. D’autant que les banques ont profité d’une période d’inflation générale pour ajuster leurs grilles tarifaires, sans forcément offrir de nouveaux services. Dans les faits, les hausses les plus marquées concernent les services du quotidien : tenue de compte, carte bancaire, retraits déplacés ou virements instantanés.












