Les 28 février et 1er mars 2026, l’affrontement longtemps contenu entre l’Iran, Israël et les États-Unis a franchi un seuil que peu de crises récentes avaient approché. Une campagne de frappes menée conjointement par Washington et Tel-Aviv sur le territoire iranien a été suivie d’une riposte iranienne qui a débordé le seul axe Iran–Israël pour toucher, par missiles et drones, plusieurs États du Golfe accueillant des intérêts américains. Le point le plus lourd politiquement est tombé le dimanche : la mort du guide suprême Ali Khamenei, annoncée comme conséquence directe des frappes, et confirmée par les médias d’État iraniens.
28 février : l’offensive sur l’Iran et la revendication d’une opération conjointe
Selon Reuters, les frappes ont débuté le samedi 28 février et ont visé des sites à forte valeur stratégique. Très tôt, Israël et les États-Unis ont présenté l’action comme une opération coordonnée, dans un contexte de menace jugée imminente. Reuters rapporte qu’Israël a décrit l’opération comme une action « préventive » et que l’attaque s’inscrivait dans une préparation plus large.
Les premières heures se déroulent dans un brouillard opérationnel classique : annonces partielles, communications perturbées, absence immédiate de bilan consolidé. Mais, dès la matinée, le caractère « majeur » de l’action est établi par l’ampleur de la mobilisation, la simultanéité des frappes et, surtout, le fait qu’elles touchent le cœur politique et sécuritaire iranien. Reuters indique que l’opération a ciblé des centres névralgiques et que l’onde de choc a été immédiatement perceptible à Téhéran.
Le même jour, un second front se dessine : la réaction régionale à l’anticipation d’une riposte iranienne. Les capitales du Golfe et les pays hébergeant des implantations militaires américaines s’orientent vers une posture de protection. La crise n’est plus seulement irano-israélienne ; elle devient, de fait, une crise de sécurité collective pour les alliés et partenaires de Washington dans le Golfe.
1er mars : confirmation de la mort de Khamenei et onde de choc politique
Le dimanche 1er mars, Reuters rapporte que les médias d’État iraniens confirment la mort d’Ali Khamenei, tué dans les frappes américaines et israéliennes.
La confirmation entraîne une cascade de réactions diplomatiques révélant la profondeur de la fracture : condamnations, appels à la retenue, inquiétudes sur l’escalade et sur la stabilité institutionnelle iranienne.
Au-delà de la symbolique, la disparition du guide suprême ouvre une phase de recomposition du pouvoir à Téhéran. Dans les régimes à architecture verticale, la neutralisation du sommet impose, au minimum, une réorganisation du commandement, une gestion de la continuité institutionnelle et une démonstration de contrôle interne. Même en l’absence, à ce stade, d’une cartographie publique exhaustive de la chaîne de succession, l’événement fait basculer la crise du registre militaire au registre politique existentiel.
La riposte iranienne : missiles, drones et extension au Golfe
Sur le plan opérationnel, la riposte iranienne se manifeste rapidement. Reuters décrit une séquence où des frappes iraniennes, notamment par missiles et drones, touchent ou menacent plusieurs États de la région. L’élément qui fait basculer le centre de gravité est la projection vers le Golfe, où sont implantés des intérêts américains et des infrastructures stratégiques.
Le 1er mars, Reuters publie des images et, surtout, une vue satellite (Planet Labs) montrant des dégâts à la base navale de la U.S. Fifth Fleet à Manama, au Bahreïn, après des frappes iraniennes. Pour les équilibres régionaux, c’est un signal majeur : le conflit ne se contente pas d’échanges à distance, il affecte directement des installations associées à la posture américaine dans le Golfe.
L’enjeu, pour Téhéran, est double. D’une part, restaurer la crédibilité de dissuasion après une attaque touchant le sommet du pouvoir. D’autre part, imposer un coût régional, en élargissant la zone d’incertitude, afin de contraindre les alliés des États-Unis à mesurer le prix d’un soutien opérationnel à Washington. Pour les États du Golfe, la riposte iranienne pose une question immédiate : comment maintenir la continuité économique et sécuritaire sous menace balistique et aérienne, tout en évitant d’être aspirés dans une guerre ouverte.
Les effets systémiques : aviation, économie et cyberespace
Au-delà des frappes elles-mêmes, le conflit a produit un effet quasi instantané sur les flux. Reuters rapporte, le 1er mars, une désorganisation massive du transport aérien dans la région, symptôme classique d’une crise militaire susceptible d’affecter l’espace aérien et les couloirs de transit.
La crise a aussi débordé vers la sphère numérique. Reuters indique que des attaques informatiques ont visé des services et applications en Iran après les frappes, accompagnées d’une dégradation de la connectivité observée par des acteurs de cybersécurité. Ce volet cyber s’inscrit dans un schéma désormais récurrent des conflits de haute intensité : frapper la profondeur informationnelle, perturber les capacités de coordination et accentuer la confusion interne, en parallèle des actions cinétiques.
Une crise militaire devenue crise de régime
En quarante-huit heures, la séquence a combiné trois dynamiques qui, ensemble, rendent la sortie de crise difficile. D’abord, une offensive conjointe sur l’Iran qui, selon Reuters, a atteint un niveau d’intensité rarement observé depuis des décennies. Ensuite, la mort d’Ali Khamenei, confirmée par les médias d’État iraniens, qui transforme l’opération militaire en choc institutionnel. Enfin, une riposte iranienne qui, par sa portée au Golfe et les dégâts documentés au Bahreïn, au Qatar ou encore à Dubaï, rend la crise immédiatement régionale.
Pour les diplomaties occidentales, le dilemme est classique mais amplifié : soutenir la logique de neutralisation des menaces revendiquée par Israël et les États-Unis, tout en redoutant un engrenage entraînant la région dans une guerre durable. Pour les États du Golfe, le problème est plus concret encore : protéger leurs capitales, leurs infrastructures et leurs installations stratégiques, sans être transformés en champ de bataille par procuration.
À court terme, l’attention se porte sur trois inconnues : la capacité de l’Iran à stabiliser sa chaîne de commandement après la disparition du guide suprême, l’ampleur de la campagne militaire conjointe américano-israélienne au-delà de ce premier week-end, et la forme que prendra la riposte iranienne si elle choisit d’intensifier la pression sur les actifs américains et les États partenaires dans le Golfe. Les 28 février et 1er mars 2026 auront, quoi qu’il arrive, acté une réalité : la guerre est de retour dans le Golfe.







