Pour lutter contre le trafic de drogue, Gérald Darmanin veut supprimer l’argent liquide

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin souhaite supprimer la monnaie liquide pour lutter contre le trafic de drogue. Une manière selon lui de sortir de l’anonymat des transactions.

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Pour lutter contre le trafic de drogue, Gérald Darmanin veut supprimer l’argent liquide © www.nlto.fr

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, poursuit sa guerre contre le trafic de drogue. Pour l’endiguer, il propose, ni plus ni moins, de supprimer l’argent liquide, les transactions se faisant exclusivement en cash.


Supprimer l’argent liquide pour lutter contre le trafic de drogue


Lors d’une audition devant la commission d’enquête sénatoriale sur la délinquance financière, Gérald Darmanin a proposé une mesure pour le moins surprenante : supprimer l’argent liquide. Objectif affiché du ministre de la Justice : assécher la trésorerie des trafiquants de drogue. Selon lui, « la fin de l’argent liquide empêchera la constitution de points de deal ».


Devant les sénateurs, Gérald Darmanin ne s’est pas contenté d’un simple constat sur l’usage du cash dans les transactions illicites. Il a dressé un véritable réquisitoire contre les espèces, ces « vecteurs d’une grosse partie de la fraude, de la délinquance du quotidien, et même des réseaux criminels », selon ses propres mots.


Certes, le ministre concède que « cela n’empêchera pas qu’il y ait toujours, sans doute, de la drogue, de la livraison de drogue », mais il parie sur une dissuasion logistique : en supprimant la fluidité des paiements anonymes, le gouvernement pourrait complexifier la chaîne de distribution des stupéfiants.


Une France attachée à ses billets


Le timing est audacieux. Si le paiement par carte a dépassé le cash pour la première fois en 2024, 43 % des transactions dans le commerce de proximité se font encore en espèces. Et selon la Banque de France, 62 % des consommateurs considèrent comme essentielle la possibilité de payer en liquide. Une habitude solidement ancrée, notamment chez les personnes âgées, les plus précaires ou les habitants des zones rurales.


« Une fois que l’argent est traçable, comme le sont parfois – et souvent, quand on est bon – les cryptoactifs, c’est plus compliqué pour le consommateur comme pour le revendeur de pouvoir échapper totalement [aux contrôles] », a aussi estimé Gérald Darmanin. Reste à voir si cette prise de position se traduira dans les actes dans les prochains mois.

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