Le 18 septembre 2025, Wolfram Weimer, ministre allemand des Médias et de la Culture, a déclaré publiquement que Google devrait être démantelé, dénonçant l’influence disproportionnée de l’entreprise américaine et son faible apport fiscal en Europe. Cette prise de position souligne les tensions croissantes autour de la régulation des grandes plateformes numériques et marque un tournant dans la politique allemande en matière d’économie numérique. Selon le ministre, des mesures fortes sont nécessaires pour restaurer l’équité sur le marché numérique et protéger les intérêts économiques et sociaux de l’Europe.
Un appel clair au démantèlement de Google
Dans une interview publiée par BFM TV le 18 septembre 2025, Wolfram Weimer a affirmé : « Le mieux serait de démanteler Google« . Il a ajouté que l’entreprise « ne paie pratiquement aucun impôt ici » et « ne rend rien à la société« , malgré des marges bénéficiaires considérables. Selon le ministre, ce déséquilibre permet à Google d’exercer une influence excessive sur l’économie, la culture et l’information, sans contribuer équitablement au financement des services publics.
Weimer a précisé que cette proposition n’est pas simplement symbolique : elle s’inscrit dans un cadre européen où plusieurs pays cherchent à réguler les grandes plateformes technologiques. Il considère que le démantèlement de Google, s’il était possible, permettrait de réduire le poids de l’entreprise sur le marché publicitaire et d’encourager une concurrence plus saine. Cette déclaration intervient alors que l’Allemagne intensifie sa surveillance des géants du numérique et évalue leur impact économique et social sur le continent.
Une taxation accrue pour rétablir l’équité
Parallèlement à l’idée de démantèlement, le gouvernement allemand étudie l’introduction d’une taxe numérique de 10 % sur les revenus publicitaires générés par les plateformes comme Google et Meta. Cette mesure viserait à lutter contre l’évasion fiscale des multinationales et à assurer une contribution plus équitable aux finances publiques. Le ministre Weimer a insisté sur le fait que la fiscalité doit refléter l’ampleur des profits réalisés par ces entreprises en Europe.
Le projet de loi en préparation prévoit que cette taxe s’appliquerait aux revenus réalisés sur le territoire européen, incluant toutes les activités publicitaires et commerciales des plateformes concernées. Selon Financial Times, cette initiative pourrait générer plusieurs milliards d’euros pour les États européens et soutenir le secteur médiatique local, qui pâtit d’un manque de ressources face aux géants du numérique. D’autres options, comme des contributions volontaires, sont également à l’étude, mais la ligne politique actuelle penche vers une taxation obligatoire afin d’éviter tout contournement fiscal.
Réactions et implications internationales
L’annonce du ministre allemand a rapidement suscité des réactions à l’échelle internationale. Aux États-Unis, des responsables ont exprimé leur opposition à toute taxation qui ciblerait spécifiquement les entreprises américaines. Selon Reuters, certains craignent que des mesures unilatérales européennes n’alimentent les tensions commerciales transatlantiques et compliquent les négociations commerciales futures.
Cependant, Wolfram Weimer et d’autres responsables allemands restent déterminés à avancer sur ce dossier. Pour eux, la régulation des entreprises technologiques est devenue un impératif économique et social. Ils soulignent que sans actions concrètes, Google et ses homologues continueront à maximiser leurs profits au détriment de la société et à limiter l’efficacité des marchés européens. Cette volonté allemande s’inscrit également dans un mouvement européen plus large, où plusieurs pays discutent de taxes numériques similaires et envisagent des régulations renforcées pour les grandes plateformes.
Perspectives et enjeux pour l’Europe
Au-delà des aspects fiscaux, le démantèlement ou la taxation accrue de Google pose des questions stratégiques pour l’ensemble de l’Union européenne. L’Allemagne, par cette initiative, cherche non seulement à récupérer une part équitable des profits, mais aussi à encourager une économie numérique plus diversifiée et compétitive.
Les analystes évoquent également l’impact sur l’innovation et sur les petites entreprises locales. En cas de régulation stricte, Google pourrait revoir son modèle économique en Europe, modifiant la manière dont les services publicitaires et les données sont gérés. Les décideurs européens devront donc équilibrer la pression fiscale et la compétitivité du marché, tout en évitant de freiner l’innovation.
Cette initiative reflète une tendance croissante des gouvernements européens à réclamer plus de responsabilité et de transparence des géants du numérique. L’appel au démantèlement, bien qu’extrême, illustre la gravité avec laquelle certains responsables perçoivent le déséquilibre actuel entre profits massifs et contribution fiscale minimale.








