Transports sanitaires : les taxis en grève dans toute la France

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Deux jours après la mobilisation du mouvement des Gueux, porté par Alexandre Jardin, contre les ZFE à Paris, c’est au tour des taxis de se mobiliser. Ces derniers ont lancé des opérations escargot sur l’ensemble du territoire, ce lundi 19 mai 2025. Cette grève nationale des chauffeurs de taxi vise à faire annuler un projet de réforme porté par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), concernant les tarifs du transport médical

Les taxis en grève contre un projet tarification de la CNAM

Partout en France, les taxis sont mobilisés contre un projet de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) qui prévoit d’harmoniser les tarifs pour le transport médical. Ce nouveau dispositif, censé entrer en vigueur le 1er octobre 2025, introduit un forfait unique de 13 euros par trajet, des tarifs kilométriques standardisés, et surtout la fin du remboursement des trajets de retour à vide. Une provocation pour les professionnels du secteur, qui voient dans cette réforme une « asphyxie programmée de leur activité ». « Cette rémunération va provoquer des faillites et des licenciements à la clé », a prévenu Stéphane Abeilhou, porte-parole des chauffeurs de la Haute-Garonne, dans une déclaration à RMC le 19 mai 2025.

L’Assurance maladie, de son côté, justifie la réforme par une hausse considérable des dépenses, estimées à 3,07 milliards d’euros remboursés aux taxis en 2024, soit une progression de 45 % par rapport à 2019. Autrement dit, son objectif affiché est d’« optimiser les coûts » et de limiter les abus. Mais pour les chauffeurs, la coupe est pleine.

Des opérations escargot dans toutes la France

Le mot d’ordre a été national, les actions locales. À Paris, Pau, Toulouse, Marseille, Lyon, Rouen, Rennes, Bordeaux… les chauffeurs de taxis ont lancé des opérations escargots dans toutes les France.

À Paris, plus de 5 000 véhicules étaient attendus dès 7h boulevard Raspail. À Pau, la ville du Premier ministre François Bayrou, plus de 1 000 taxis venus de toute l’Occitanie ont bloqué la rocade et les deux principales artères de la ville.

Une réforme qui dérange jusqu’aux patients

Derrière les tarifs, c’est un modèle de prise en charge qui vacille. 85 % des taxis exercent aujourd’hui une activité de transport conventionné. Dans les zones rurales, certains en tirent jusqu’à 90 % de leurs revenus, selon la Fédération nationale du taxi (FNDT). C’est tout un équilibre économique qui menace de s’effondrer si la réforme passe en l’état.

La mesure qui cristallise toutes les tensions : le transport partagé obligatoire. Désormais, les chauffeurs devront regrouper les patients en un seul trajet, sauf si ceux-ci refusent, auquel cas ils devront régler eux-mêmes la totalité de la course, avec un remboursement minoré. Pour Dominique Buisson, secrétaire national de la FNDT, la réforme est « théorique », « inapplicable sur le terrain », et conçue par « des technocrates déconnectés » (RMC).

Absence de dialogue

En toile de fond, un autre grief s’ajoute : l’impunité des plateformes VTC. Accusées de « casser le marché », d’enfreindre la réglementation et d’entretenir une concurrence sauvage, elles exaspèrent les chauffeurs de taxis, qui réclament un traitement équitable. « Nous sommes fatigués des exactions des plateformes, des violences et des incompréhensions », a lancé Stéphane Abeilhou à RMC.

Quant au dialogue avec l’État, il est au point mort. « Nous dépendons de sept ministères. À la dernière réunion, aucun ministre n’était présent », fustige Dominique Buisson dans Ouest-France.

Une grève reconductible

Les syndicats ne parlent plus de journée symbolique. Cette grève est reconductible, et les chauffeurs annoncent déjà de nouveaux blocages cette semaine si aucune réponse concrète n’est apportée.

Au-delà du ras-le-bol fiscal ou réglementaire, les chauffeurs dénoncent une attaque frontale contre leur statut de service public de proximité, particulièrement vital dans les zones rurales où ils sont parfois la seule solution pour accéder aux soins.

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