Lors des auditions de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, plusieurs déclarations ont relancé une question sensible : des affaires de harcèlement ou de violences sexuelles auraient-elles été réglées discrètement à France Télévisions ? Entre témoignages, accusations et démentis de la direction, les auditions ont fait émerger des éléments qui interrogent.
Des accusations évoquées devant la commission d’enquête
Lors de son audition devant la commission d’enquête sur le fonctionnement de l’audiovisuel public, l’ancien journaliste et dirigeant de France Télévisions Jacques Cardoze a évoqué l’existence de mécanismes internes permettant de régler discrètement certaines affaires sensibles. Sous serment, il a notamment déclaré que des « protocoles d’accord particulièrement onéreux » auraient été conclus dans certains dossiers. Selon lui, ces transactions auraient parfois permis de mettre fin à des conflits internes tout en évitant que certaines situations ne deviennent publiques. Jacques Cardoze a également affirmé que ces accords pouvaient, dans certains cas, avoir servi à « acheter le silence de témoins ou de victimes de déviances sexuelles ». Cette déclaration, prononcée devant les députés, a immédiatement suscité de nombreuses réactions car elle laisse entendre que certaines affaires auraient été traitées dans le cadre de règlements financiers internes plutôt que par des procédures judiciaires ou disciplinaires publiques.
Le rapporteur évoque un dossier transmis par une femme prête à témoigner
Le rapporteur de la commission d’enquête, le député Charles Alloncle, a indiqué pour sa part avoir reçu des éléments supplémentaires susceptibles d’éclairer ces accusations. Selon lui, un dossier lui aurait été transmis par une femme affirmant avoir été confrontée à des faits graves au sein de l’entreprise et se disant prête à témoigner. Le député a expliqué que cette personne aurait rassemblé différents éléments et documents concernant des comportements qu’elle estime constitutifs de harcèlement ou de violences sexuelles. Charles Alloncle a précisé que ces éléments devaient être examinés avec prudence mais qu’ils pourraient, si leur crédibilité était confirmée, être transmis à la justice. Il a rappelé qu’un rapporteur de commission d’enquête parlementaire est tenu, en cas de faits susceptibles de constituer une infraction pénale, d’en informer le parquet conformément à l’article 40 du code de procédure pénale.
La direction de France Télévisions conteste ces accusations
Face à ces déclarations, la direction de France Télévisions a rejeté l’idée d’un système destiné à étouffer des affaires de harcèlement ou de violences sexuelles. Auditionnée devant la commission, la présidente du groupe Delphine Ernotte a affirmé qu’il n’existait aucune tolérance pour ce type de comportements au sein de l’entreprise et que des sanctions avaient été prises lorsque des faits avaient été établis. Elle a également demandé que les accusations formulées devant les députés soient accompagnées d’éléments précis, estimant que de telles affirmations étaient extrêmement graves si elles n’étaient pas étayées par des preuves. À ce stade, les propos entendus par la commission relèvent donc de témoignages et d’allégations formulés lors des auditions parlementaires. Ils pourraient toutefois conduire à de nouvelles investigations si les éléments évoqués devant les députés venaient à être confirmés ou transmis à la justice.









