Le 2 décembre 2025, Nicolas Puech a officiellement engagé une action civile contre LVMH et Bernard Arnault, les accusant de lui avoir « subtilisé » des millions d’actions de Hermès — actions qu’il estimait toujours en sa possession. Cette plainte marque un tournant dans une longue saga financière et familiale autour du capital de la maison Hermès.
Le cœur de la réclamation : une perte de six millions d’actions
Nicolas Puech affirme avoir été dépossédé d’environ six millions d’actions Hermès, une participation qu’il détenait en tant qu’héritier de la dynastie fondatrice, rapporte Le Dauphiné Libéré. Selon son calcul, ces titres représenteraient près de 5,76 % du capital du groupe — ce qui, au cours actuel, correspond à une valeur d’environ 14,3 milliards d’euros, d’après les chiffres de L’Express.
L’assignation civile, déposée le 15 mai 2025, vise LVMH et Bernard Arnault — mais aussi d’anciennes entités suisses liées à l’ancien gestionnaire de fortune de Puech. Par ailleurs, une procédure pénale distincte — pour « abus de confiance » — est en cours à Paris, mettant en cause l’ancien gestionnaire de Puech, Eric Freymond, décédé en juillet 2025.
Pourquoi Nicolas Puech dit avoir été « dépossédé »
Dans une rare interview donnée fin novembre 2025, Puech raconte avoir confié l’intégralité de la gestion de son patrimoine financier à Eric Freymond, depuis les années 1990 jusqu’en 2022. Il explique qu’il s’est rendu compte à l’été 2022 que son gestionnaire avait commencé à mentir, notamment lorsqu’un virement promis n’est jamais arrivé.
Lors de cette prise de conscience, Puech a lancé un audit puis des démarches judiciaires, d’abord en Suisse — où il réside — puis en France. Pour lui, les actions Hermès — censées lui appartenir — auraient été vendues, ou transférées, de façon opaque, sans son consentement éclairé, rapporte Challenges.
Contexte : rivalité historique entre Hermès et LVMH
La maison Hermès est une institution du luxe, fondée en 1837, et longtemps contrôlée par les descendants de son fondateur. Or, au début des années 2000, LVMH — mené par Bernard Arnault — avait acquis une participation d’environ 23 % dans Hermès, provoquant un choc dans le monde du luxe et marquant le début d’une intense rivalité.
Dans ce contexte, la disparition de la participation personnelle de Puech — s’il est avérée — renverse potentiellement l’équilibre actionnarial et ravive les tensions d’une vieille guerre des puissances sur le marché du luxe, relève Reuters.
Un bras de fer judiciaire aux multiples facettes
L’action civile en cours vise à obtenir réparation pour les pertes estimées. Elle concerne LVMH, Bernard Arnault et plusieurs entités suisses, y compris des holdings proches de l’ancien gestionnaire de fortune de Puech.
Quant à la procédure pénale, elle pourrait aboutir à la condamnation pour abus de confiance d’Eric Freymond — ce qui renforcerait les demandes de Puech dans le civil.
Il n’existe pas encore de réponse publique de LVMH ou de Bernard Arnault. En l’état, cette instance civile et l’instruction pénale se nourrissent de zones d’ombre, de déclarations contradictoires et de preuves financières complexes.








