Publiées le 27 janvier 2026 par le Ministère de l’Intérieur, les données annuelles sur l’immigration en France dessinent un paysage en nette progression. L’administration met en évidence une augmentation marquée des premiers titres de séjour, confirmant une recomposition des flux migratoires et une montée en puissance des motifs étudiants et humanitaires.
En France, des flux migratoires dominés par les étudiants
L’immigration en France reste d’abord portée par les études. En effet, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, « le premier motif de délivrance des titres de séjour reste le motif étudiant avec trois premiers titres délivrés sur dix en 2025 », précise l’administration dans ses statistiques officielles. Autrement dit, malgré les débats récurrents, la France demeure une destination universitaire majeure, notamment pour des jeunes issus d’Afrique, d’Asie ou du Maghreb. Ainsi, ces flux migratoires traduisent aussi une stratégie d’attractivité économique et académique assumée.
Par ailleurs, cette dynamique étudiante s’inscrit dans une progression globale. En 2025, le nombre de premiers titres de séjour délivrés atteint 384 000, soit 39 000 de plus qu’un an auparavant, représentant une hausse de 11,2 %, selon le ministère de l’Intérieur. De ce fait, l’immigration étudiante contribue directement à la croissance démographique active, tout en alimentant certains secteurs économiques, notamment l’enseignement supérieur, le logement et la consommation locale, ce qui renforce le poids économique de ces flux migratoires en France.
Immigration : la hausse marquée des réfugiés et motifs humanitaires
Cependant, l’immigration en France ne se limite pas aux étudiants. Les chiffres officiels révèlent une augmentation spectaculaire des titres délivrés pour des raisons humanitaires. Le ministère de l’Intérieur souligne ainsi que « l’augmentation est totalement portée par la hausse des premiers titres délivrés pour motif humanitaire (+ 65,0 %) », indiquant clairement un basculement structurel des flux migratoires. Cette progression concerne en particulier les personnes bénéficiant d’une protection internationale.
Dans le détail, les titres accordés au titre de la protection subsidiaire ont plus que doublé, affichant une hausse de 133 %, tandis que ceux délivrés aux réfugiés et apatrides ont progressé de 44,5 %. De plus, un média ayant synthétisé ces données indique que 92 000 personnes ont été admises au séjour pour motif humanitaire en 2025, contre 56 000 en 2024, soit une augmentation de 65 %. Ainsi, l’immigration humanitaire pèse désormais autant que l’immigration étudiante dans la structure globale des arrivées en France, redéfinissant profondément les flux migratoires.
Un impact structurel durable
Au-delà des primo-arrivants, l’immigration en France s’inscrit dans une tendance de fond. La présence étrangère en situation régulière sur le territoire français avoisine désormais 4,5 millions de personnes au 31 décembre 2025, en hausse de 3,2 % sur un an, selon le ministère de l’Intérieur,. Ce chiffre, souvent absent du débat public, montre que les flux migratoires ne sont pas uniquement un phénomène conjoncturel, mais bien une composante structurelle de l’économie française.
En parallèle, les renouvellements de titres de séjour progressent également. Ils augmentent de 7,6 % sur un an, avec une hausse particulièrement marquée pour les motifs familiaux, en augmentation de 12 %. Ainsi, l’immigration en France ne se résume pas à des arrivées ponctuelles. Elle s’ancre durablement dans le tissu social et économique, renforçant l’enjeu de politiques publiques adaptées à ces flux migratoires en constante évolution.








